Vous entrez dans la pièce et tombez sur une scène familière : votre chien préféré mâchonne avec enthousiasme une chaussette, tandis que votre chat tente d’avaler un sac en plastique. La première réaction est souvent l’irritation ou le rire. Mais si ce comportement devient systématique, il y a de sérieuses raisons de s’inquiéter. Le fait de manger des objets non comestibles n’est pas une simple « mauvaise habitude », mais un trouble potentiellement dangereux connu sous le nom de pica ou appétit dépravé. Nous aborderons en détail ses causes, ses risques et les solutions possibles sur Tvaryny.
Qu’est-ce que le pica chez le chat et le chien ?
La pica est un trouble du comportement alimentaire compulsif, caractérisé par l’ingestion d’objets sans aucune valeur nutritive. Contrairement à la curiosité normale des chiots ou des chatons qui explorent le monde « avec leur bouche », le pica est un désir obsessionnel de manger du plastique, du tissu, des pierres, du papier, de la terre ou même ses propres poils.
Il est important de le distinguer du simple fait de mâcher. Beaucoup de chiens mâchouillent des objets par ennui ou pendant la poussée dentaire. En cas de pica, l’animal ne se contente pas de mâchouiller, il avale délibérément l’objet non comestible. Et c’est précisément là que réside le principal danger.
Pourquoi cela arrive-t-il : décryptage des causes principales

Les causes du pica chez les chats et les chiens sont rarement uniques. C’est généralement un trouble complexe qui peut avoir des origines à la fois médicales et comportementales. Examinons les facteurs clés.
1. Problèmes médicaux – le premier suspect
Avant de reprocher à l’animal d’être « malicieux », il est nécessaire d’exclure les causes médicales. L’organisme peut signaler des problèmes internes de manière surprenante. Parmi les plus courantes, on trouve :
- Carences nutritionnelles : Une alimentation déséquilibrée, un manque de vitamines ou de minéraux (par exemple, l’anémie ferriprive) peut pousser l’animal à les chercher dans des « sources » inhabituelles comme la terre ou le plâtre.
- Maladies gastro-intestinales : La gastrite, la pancréatite ou les maladies inflammatoires de l’intestin peuvent provoquer des nausées et de l’inconfort, et l’animal essaie de « soulager » son estomac en mangeant de l’herbe ou du tissu.
- Troubles endocriniens : Des maladies comme le diabète ou l’hyperthyroïdie (surtout chez les chats) peuvent augmenter l’appétit de manière incontrôlée, ce qui entraîne l’ingestion de n’importe quoi.
- Problèmes dentaires : La douleur aux dents ou aux gencives peut inciter l’animal à mâchouiller des objets durs pour soulager l’inconfort.
- Maladies neurologiques : Dans de rares cas, la cause peut être des tumeurs cérébrales ou d’autres pathologies neurologiques qui affectent le comportement.
2. Facteurs comportementaux – un regard sur la psychologie de l’animal
Si le vétérinaire a écarté les pathologies médicales, il faut chercher la cause dans l’état psychologique de votre animal. Pourquoi un chat mange-t-il du plastique ou un chien ne peut-il pas résister aux chaussures ? Les réponses peuvent être les suivantes :
- Ennui et manque de stimulation : C’est la raison n°1, surtout pour les chiens énergiques et les chats curieux. Si l’animal est laissé seul trop longtemps sans jouets ni activités, il se trouvera sa propre distraction. Mâchouiller et manger des objets est un moyen de s’occuper.
- Stress et anxiété : L’anxiété de séparation (peur de la solitude), l’arrivée d’un nouvel animal ou d’un membre de la famille, un déménagement, des bruits forts – tout cela peut causer du stress. Le fait de mâcher agit de manière apaisante sur les animaux, les aidant à gérer leurs émotions.
- Recherche d’attention : Si l’animal remarque que vous réagissez immédiatement (même si vous le grondez) lorsqu’il prend un objet interdit dans sa gueule, il pourrait commencer à le faire exprès pour attirer votre attention.
- Trouble compulsif : Dans certains cas, le pica devient une habitude compulsive, similaire au trouble obsessionnel-compulsif (TOC) chez les humains.
- Prédisposition génétique : Certaines races sont plus sujettes au pica. Par exemple, chez les chats, on le rencontre souvent chez les Siamois et les Birmans (ils aiment téter la laine), et chez les chiens, chez les Labradors et les Golden Retrievers.
La principale menace : quel est le danger de manger des objets étrangers ?
Les conséquences du pica peuvent être catastrophiques. Des objets qui semblent inoffensifs peuvent causer de graves problèmes de santé et même la mort de l’animal.
« Les objets les plus dangereux sont les objets linéaires (fils, rubans, guirlandes, bas) et les objets qui peuvent provoquer une occlusion intestinale complète (tissu, pièces de plastique, pierres). »
- Occlusion intestinale : Un objet avalé peut se coincer dans l’estomac ou l’intestin, provoquant un blocage complet ou partiel. C’est un état mortel qui nécessite une intervention chirurgicale immédiate.
- Perforation (rupture) d’organes : Les objets pointus (verre, éclats de plastique) peuvent percer les parois de l’estomac ou de l’intestin, provoquant une hémorragie interne et une péritonite.
- Empoisonnement : De nombreux objets sont toxiques. Par exemple, certaines plantes d’intérieur, des produits chimiques ménagers, des médicaments, des piles, des objets en plomb.
- Suffocation : Un gros objet peut se coincer dans la gorge ou la trachée, bloquant l’accès à l’air.
- Dommages aux dents et à la cavité buccale : Manger des pierres, du métal ou du plastique dur peut entraîner des ébréchures et des fractures des dents.
Plan d’action étape par étape : que faire si vous remarquez du pica ?

Si vous suspectez que votre animal souffre de pica, il est important d’agir calmement et de manière cohérente. Voici votre plan.
Étape 1 : Consultez immédiatement un vétérinaire
C’est l’étape la plus importante. Seul un médecin peut effectuer un examen complet (analyses de sang, d’urine, échographie, radiographie) pour exclure ou confirmer des causes médicales. Le traitement du pica chez les animaux commence par le diagnostic. Si une maladie est détectée, son traitement peut résoudre complètement le problème. Le coût d’une consultation vétérinaire en France est généralement d’environ 40-70 euros, mais un bilan complet peut être plus coûteux.
Étape 2 : Sécurisez l’environnement (« Pet-proofing »)
En attendant de déterminer les causes, votre tâche principale est d’empêcher l’accès aux objets dangereux. Regardez votre maison avec les yeux de l’animal :
- Tissu : Rangez les vêtements, les chaussettes et les serviettes dans des armoires fermées. Utilisez des paniers à linge avec un couvercle.
- Plastique : Rangez les sacs, les bouchons de bouteilles et les jouets d’enfants. La poubelle doit être inaccessible.
- Autres : Cachez les fils, les livres, les chaussures. Si votre animal mange de la terre, limitez son accès aux pots de fleurs.
Étape 3 : Assurez-lui une activité physique et mentale
Souvent, un chien mange du tissu ou d’autres choses par ennui. Augmentez la quantité et la qualité des activités :
- Pour les chiens : Faites des promenades plus longues et plus actives, des jeux de balle, de frisbee, apprenez de nouvelles commandes, des jeux de recherche, des jouets interactifs (Kong, tapis de fouille).
- Pour les chats : Jouez régulièrement avec une « canne à pêche », un pointeur laser, des balles. Créez un espace vertical (étagères, arbres à chat). Utilisez des jouets interactifs et des puzzles où vous pouvez cacher des friandises.
Étape 4 : Revoyez sa ration alimentaire
Avec l’aide d’un vétérinaire, assurez-vous que l’alimentation de votre animal est complète et équilibrée. Il pourrait être judicieux de passer à une nourriture de meilleure qualité ou d’ajouter des complexes vitaminiques et minéraux spéciaux (uniquement sur prescription médicale !).
Ce qu’il NE FAUT PAS faire

- ❌ Ne punissez pas l’animal. Les cris et les punitions ne feront qu’aggraver le stress et l’anxiété, ce qui peut empirer le problème. L’animal ne comprendra pas pourquoi il est grondé et commencera à se cacher pour manger des objets interdits.
- ❌ Ne jouez pas au « tire-au-sort ». N’essayez pas d’arracher l’objet de force de la gueule de l’animal. Il pourrait l’avaler par réflexe ou commencer à défendre sa « proie », ce qui peut conduire à de l’agressivité. Proposez plutôt un échange avec quelque chose de très savoureux.
- ❌ N’ignorez pas le problème. N’espérez pas que « ça passera tout seul ». Le pica disparaît rarement sans correction et peut entraîner des conséquences tragiques.
Conclusion : patience et approche globale
Le pica chez les chats et les chiens est un signal sérieux qu’il ne faut pas ignorer. Il exige de la part du propriétaire de l’attention, de la patience et une approche systématique. Retenez l’algorithme principal :
- Consultation vétérinaire pour exclure les causes médicales.
- Modification de l’environnement pour assurer la sécurité.
- Correction du comportement par le biais d’activités physiques et intellectuelles.
Dans les cas complexes, la consultation d’un comportementaliste animalier peut être nécessaire. N’oubliez pas que vous ne vous battez pas seulement contre une mauvaise habitude, mais que vous veillez à la santé et au confort psychologique de votre compagnon à quatre pattes. Votre amour et votre persévérance l’aideront à surmonter ce problème.
