Caractère : ce que disent les standards, et ce qu'ils ne disent pas

Le chapitre « Comportement / tempérament » du standard FCI n° 261 se lit ainsi : chien d'une endurance remarquable, faisant preuve de dignité et d'une candeur naturelle ; le tempérament est fidèle, docile, très vigilant et hardi ; il fait également preuve d'un jugement sûr et d'une grande résistance. Le mot « docile » n'est ni une coquille ni un adoucissement : on le retrouve dans les standards du Kishu et de l'Akita, et le Shikoku est décrit comme « docile envers son maître ».
NIPPO va plus loin dans sa description du Hokkaido et met explicitement en garde contre la romantisation : par le caractère, le Hokkaido ne diffère guère des autres chiens japonais, et malgré son rôle de chien de chasse au gros gibier, ce n'est pas une race dont il faudrait souligner la férocité. Cela contredit frontalement l'image populaire du « combattant intrépide face à l'ours », qui circule de texte en texte. Race de chasse, oui ; race dont il faudrait vanter l'agressivité, non.
Le standard comporte une autre dimension, rarement évoquée et pourtant très pratique. La timidité figure parmi les défauts, et un chien « agressif ou excessivement timide » est éliminé, au même titre que « tout chien présentant des anomalies physiques ou comportementales manifestes ». Pour l'acheteur, cela se lit simplement : dans une race où la timidité est officiellement un défaut, un chiot qui, à 8 ou 10 semaines, fuit le contact humain n'est pas un « Japonais réservé typique » mais une raison de poser des questions supplémentaires à l'éleveur.
Ce qu'il faut en retenir pour la vie quotidienne :
- Un attachement sélectif. Le Hokkaido noue en général un lien particulièrement étroit avec une personne, même si le reste de la famille compte aussi parmi les « siens ». Organisez l'éducation de sorte que les ordres de base soient travaillés par plusieurs membres du foyer, sinon l'obéissance restera sélective.
- Une motivation de chasse. La race a été façonnée pour le travail sur gibier : le mouvement rapide d'un petit animal est un stimulus puissant. Prévoyez une clôture fiable, une longe dans les lieux nouveaux et un travail spécifique sur le rappel.
- Une vigilance sans agitation. Le standard qualifie la race de « très vigilante ». En pratique, cela donne un chien qui réagit aux changements plutôt qu'un chien qui aboie en fond sonore.
- Des tensions entre congénères de même sexe. C'est un trait courant chez les spitz de chasse, à intégrer dans l'organisation des promenades et des rencontres.
Si vous cherchez quelque chose d'aussi inhabituel mais dont le rapport aux petits animaux diffère, jetez un œil au Chien nu du Mexique (Xoloitzcuintli) — également une race primitive, mais au tempérament et aux besoins d'entretien tout autres.
Avantages et inconvénients de la race

Avantages et inconvénients de la race · 6
| Les plus (+) | Les moins (−) |
|---|---|
| Très attaché à sa famille ; le standard décrit un tempérament fidèle et docile | Tendance à travailler « pour lui-même » et à tester les limites |
| L'endurance est le mot-clé du standard pour cette race | Mue saisonnière abondante du sous-poil dense |
| Attentif et réceptif aux changements à la maison | Tensions possibles avec les chiens de même sexe |
| Entretien du poil simple hors période de mue | Exige une dépense physique quotidienne importante |
| Supporte bien le froid grâce à son double poil | Supporte la chaleur moins bien que le gel |
| Race rare à l'histoire documentaire limpide | Chiot difficile à trouver ; les lignées doivent impérativement être vérifiées |
Dressage : non pas un combat, mais un accord

Le standard attribue à la race un « jugement sûr » — et c'est la description la plus exacte de ce à quoi vous aurez affaire sur le terrain. Le problème n'est généralement pas que le chien ne comprend pas l'ordre, mais qu'il évalue la situation par lui-même et décide s'il vaut la peine de l'exécuter maintenant. Les répétitions monotones fonctionnent donc moins bien que des séquences courtes, nettes et avantageuses pour le chien.
- De la fermeté, sans brutalité. La contrainte physique, dans une race où la timidité est officiellement un défaut, est le plus court chemin vers un chien qui se referme ou se défend. Ce qui marche : la constance et des règles prévisibles.
- Socialisation précoce. Avant quatre mois, le chiot doit affronter calmement la ville : transports, foule, bruits forts, autres chiens, cabinet vétérinaire. La vigilance est un trait du standard ; la méfiance envers toute nouveauté est la conséquence d'une fenêtre de socialisation manquée.
- Le rappel comme projet à part. Pour une race de chasse, ce n'est pas « un ordre parmi d'autres » mais une compétence que l'on travaille des années durant, et que l'on ne teste jamais pour la première fois là où il y a forêt et gibier.
- Du travail mental. Jeux de recherche, travail de flair, itinéraires explorant des lieux nouveaux : cela fatigue une telle race bien mieux que l'accumulation mécanique de kilomètres.
Si d'autres races japonaises au passé de travail comparable vous intéressent, regardez le Kai Ken (Tora Inu) — un autre membre des six « Nihon Ken », dont le standard FCI ne reconnaît que les robes bringées.


