Histoire et renaissance du Chien esquimau canadien
L'histoire du Chien esquimau canadien remonte à au moins 4 000 ans, ce qui en fait l'une des races les plus anciennes d'Amérique du Nord. Ses ancêtres sont arrivés sur le continent depuis la Sibérie avec le peuple de Thulé (les prédécesseurs des Inuits modernes). Pendant des millénaires, ces chiens furent une part indispensable de la vie des Esquimaux : seul moyen de transport sur d'immenses distances, aide au portage, chasse au phoque et au caribou, et même protection contre les ours polaires. Les Inuits appelaient affectueusement leur fidèle compagnon « Kimmiq », qui signifie simplement « chien ».
Avec l'arrivée des Européens et le progrès technique — surtout les motoneiges dans les années 1950–1960 — la demande de chiens de traîneau s'est effondrée. La population de Kimmiq a fondu de façon catastrophique, aggravée par des épidémies venues du sud et, tristement, par l'abattage massif des chiens par les agences gouvernementales dans le cadre des programmes d'assimilation des communautés inuites. Au début des années 1970, la race était au bord de l'extinction totale : il ne restait qu'environ 200 individus de pure race dans le monde.
Heureusement, en 1972, grâce aux efforts de passionnés — notamment Bill Carpenter et John McGrath — et avec le soutien du gouvernement canadien et du Canadian Kennel Club (CKC), fut lancé le « Eskimo Dog Recovery Project ». Les chercheurs partirent dans les coins les plus reculés de l'Arctique canadien pour retrouver des sujets de pure race sur les péninsules de Boothia et de Melville et l'île de Baffin. Ce programme d'élevage a sauvé la race : en 1986 furent enregistrés les premiers chiots du projet, base génétique de la population moderne. Malgré ces efforts héroïques, le Chien esquimau canadien reste très rare.
Standard et apparence : force et endurance
Le Chien esquimau canadien est un chien puissant, de taille moyenne à grande, bâti pour le travail exigeant en conditions extrêmes. Son allure respire la force, l'énergie et l'endurance. La race présente un dimorphisme sexuel marqué : les mâles sont nettement plus grands, plus massifs et portent une « crinière » plus dense au cou et aux épaules que les femelles.
- Construction : Robuste, musclée, à l'ossature forte. Le corps est compact, la poitrine profonde et large, offrant beaucoup d'espace au cœur et aux poumons — indispensable pour un travail soutenu.
- Tête : Cunéiforme, au crâne large. Le museau est de longueur moyenne, pas trop pointu.
- Yeux : Généralement brun foncé, en amande, disposés obliquement, donnant au chien une expression un peu sauvage et rusée. Les yeux bleus sont un défaut éliminatoire.
- Oreilles : Courtes, épaisses, triangulaires et dressées. Couvertes d'une fourrure dense qui les protège des gelures.
- Fourrure : La défense principale contre le froid arctique. Elle est double : un sous-poil très dense et doux d'environ 5 cm et des poils de garde raides et droits de 8–15 cm. Cette structure assure une excellente isolation thermique et des propriétés hydrofuges.
- Queue : Grande, touffue, portée enroulée sur le dos en faucille. En dormant, le chien s'enroule souvent en couvrant sa truffe de sa queue pour réchauffer l'air inspiré.
- Couleur : Pratiquement toutes les couleurs et combinaisons sont admises. Les plus courantes : blanc, noir et blanc, gris et blanc, roux et blanc. Un « masque » caractéristique sur le museau est fréquent.
