L'histoire du Griffon Nivernais
L'histoire du Griffon Nivernais est l'une des plus anciennes et des plus fascinantes parmi tous les chiens courants français. On pense que ses ancêtres directs étaient les légendaires « chiens gris de Saint-Louis », utilisés par les Gaulois pour chasser les loups et les sangliers dès le XIIe siècle. Ces chiens étaient déjà connus en France à cette époque et étaient très prisés par la cour royale pour leur courage et leurs qualités de travail. Pendant des siècles, ces chiens de chasse ont été une partie intégrante de la culture cynégétique de la région de la Nièvre, d'où la race tire son nom.
Cependant, après la Grande Révolution Française (1789–1799), la race faillit disparaître. L'abolition de l'aristocratie et le déclin de la grande chasse ont fait en sorte que les Griffons Nivernais se sont presque éteints. La renaissance de la race n'a commencé qu'à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, grâce aux efforts d'un groupe de passionnés. Ils ont retrouvé les quelques descendants des « chiens gris » qui avaient survécu et, pour restaurer le pool génétique, les ont croisés avec d'autres chiens courants à poil dur. Parmi les races ayant participé à ce renouveau, on trouve le Griffon Vendéen Moyen, le Griffon Bleu de Gascogne et, peut-être, l'Otterhound, ce qui a donné à la race son apparence et sa résilience actuelles.
Le club de la race fut fondé en 1925, et le premier standard fut établi à la même époque. Aujourd'hui, le Griffon Nivernais est une race de chasse très respectée non seulement en France, mais aussi à l'étranger. Ses qualités de travail uniques et sa capacité à opérer sur des terrains difficiles en font un assistant indispensable dans la chasse au gros gibier. Aux États-Unis et au Canada, ces chiens sont parfois même utilisés pour la chasse à l'ours.
Le standard et l'apparence du Griffon Nivernais
Le Griffon Nivernais est un chien à la constitution solide, musclée mais sèche, ce qui lui donne une impression d'endurance et de force. Son apparence est très caractéristique et reconnaissable, notamment grâce à son poil long et hirsute qui lui donne un air « ébouriffé ». C'est pour cette raison qu'on l'appelait parfois en plaisantant « la bête du Nivernais » dans sa région d'origine.
Son principal trait distinctif est son poil dur et rêche, que les Français appellent « poil de sanglier ». Il ne doit pas être frisé ou doux. Ce pelage protège parfaitement le chien des intempéries, du froid et des piqûres d'insectes, ainsi que des branches et des ronces lorsqu'il poursuit sa proie dans les sous-bois denses. Sur le museau, le poil forme des sourcils touffus, des moustaches et une barbe, ce qui confère au chien une expression sévère et sérieuse.
Le standard et l'apparence du Griffon Nivernais · 7
| Partie du corps | Description selon le standard FCI n°17 |
|---|---|
| Tête | Longue, forte, sèche. Crâne presque plat, avec un stop (transition entre le front et le museau) légèrement marqué. Le museau est de la même longueur que la partie crânienne. |
| Yeux | Foncés, perçants, très expressifs. Le regard est vif et courageux. Les sourcils sont touffus mais ne recouvrent pas les yeux. |
| Oreilles | Tombantes, souples, de longueur moyenne, attachées au niveau des yeux. Légèrement enroulées vers l'intérieur aux extrémités et couvertes de poils longs. |
| Corps | Légèrement allongé. Dos fort et droit. Rein puissant. Poitrine profonde, mais pas trop large, descend jusqu'au niveau des coudes. Côtes modérément cintrées. |
| Queue | Attachée pas trop haut. Le chien la porte en forme de sabre. En mouvement, la queue se lève, mais ne s'enroule pas sur le dos. Bien couverte de poils. |
| Membres | Secs, osseux, avec des muscles solides. Pieds ovales, avec des coussinets fermes et des griffes foncées et solides. |
| Robe | Principalement « charbonnée » (fauve avec un fort mélange de noir) ou différentes nuances de gris (gris loup, gris-bleu). Des marques fauves ou sable sont possibles sur les sourcils, les joues, la poitrine et les membres. Une petite tache blanche sur le poitrail est tolérée. |

