Histoire de la race : la légende du loup et la réalité
Le Kishu Ken appartient aux races les plus anciennes du Japon et tire son nom de la province historique de Kishu (aujourd'hui les préfectures de Wakayama et Mie). C'est une région montagneuse aux forêts denses où, pendant des siècles, s'est formé un phénotype canin unique, capable de survivre dans des conditions rudes et de chasser du gibier dangereux.
Il existe une belle légende japonaise sur l'origine du Kishu Ken. Elle raconte l'histoire d'un chasseur qui, ayant trouvé une louve blessée, ne la tua pas mais la soigna et la relâcha. Quelque temps plus tard, la louve revint et offrit un louveteau à son sauveur. C'est ce descendant du prédateur sauvage qui, selon la tradition, serait l'ancêtre de tous les chiens Kishu Inu. Cette histoire souligne non seulement la ressemblance physique avec le loup, mais aussi la grande intelligence et l'indépendance de la race.
À l'origine, les Kishu avaient des pelages variés, incluant des versions bringées, rousses et tachetées. Cependant, vers le milieu du XXe siècle, la standardisation a réduit cette diversité principalement à la couleur blanche unie. Cela s'est fait par préférence des chasseurs : un chien blanc est plus facile à repérer dans la pénombre de la forêt ou l'obscurité, ce qui permettait d'éviter de tirer accidentellement sur le chien au lieu du sanglier.
Les chiens tachetés et bringés de cette lignée appartiennent désormais au passé, et par la suite, à cause de la Seconde Guerre mondiale, les autres représentants de la race ont failli disparaître également. La famine, les épidémies et l'utilisation des peaux de chiens pour les vêtements militaires ont poussé le Kishu Inu au bord de l'extinction. Les autorités japonaises sont intervenues à temps en les reconnaissant comme « Monument Naturel » en 1934. Grâce à ce statut, la population a pu être préservée. Historiquement, le Kishu participait à la chasse au sanglier et à l'ours ; aujourd'hui, ils aident parfois les bergers ou gardent les propriétés. Acquérir un chiot hors du Japon reste compliqé - l'enregistrement annuel de nouveaux chiots au Japon même est en baisse constante, faisant de cette race une perle rare du monde canin.



