Histoire de la race : des Vikings à nos jours
L'histoire du Buhund Norvégien plonge ses racines dans la nuit des temps, s'entrelaçant avec l'histoire des Vikings eux-mêmes. Les ancêtres de cette race étaient les fidèles compagnons des navigateurs et guerriers scandinaves. De nombreuses découvertes archéologiques en témoignent. La preuve la plus significative est la fouille du navire de Gokstad (Gokstad ship), découvert par des archéologues en 1880 en Norvège. Cette sépulture date d'environ 900 après J.-C. Aux côtés d'un roi viking et de divers ustensiles, les squelettes de six chiens de différentes tailles ont été retrouvés. Les cynologues et archéozoologues, après analyse des ossements, ont déterminé qu'une partie de ces squelettes appartenait aux ancêtres directs du Buhund moderne.
Les experts canins affirment que les Buhunds norvégiens modernes ont conservé le phénotype de ces chiens anciens presque sans changement. Ces animaux aident depuis longtemps les habitants locaux dans les tâches agricoles : ils gardaient les habitations contre les intrus, protégeaient le bétail des attaques d'animaux sauvages, transportaient de petites charges en hiver et aidaient parfois même à chasser les ours et les loups en travaillant en meute. C'est précisément cette polyvalence qui les a rendus indispensables dans les conditions du rude climat norvégien.
Ces chiens de ferme n'ont été officiellement appelés « Buhunds Norvégiens » que bien plus tard. Les premières mentions documentées sous ce nom datent de la fin du XVIIe siècle, plus précisément de 1698. Le mot « Buhund » se traduit par quelque chose comme « chien de maison ou de ferme », ce qui décrit parfaitement leur fonction. Ils n'étaient pas ultra-spécialisés, comme les lévriers par exemple, mais faisaient tout ce dont le fermier avait besoin « ici et maintenant ».
La systématisation de la race n'a commencé qu'au XXe siècle. Ces chiens sont devenus populaires grâce aux efforts de John Sæland, considéré comme le père du Buhund moderne. Il a commencé la sélection ciblée des meilleurs représentants pour les expositions et l'élevage. Dans les années 1920, la première exposition consacrée à cette race a été organisée à Jæren - une région où la race avait été préservée sous sa forme la plus pure. En 1939, les amateurs de la race ont créé leur club national. Et en 1943, malgré la guerre, la race a reçu une reconnaissance internationale officielle.
Il convient de noter qu'un lien génétique étroit peut être tracé dans la formation des races scandinaves. Par exemple, le Buhund partage des traits communs avec d'autres races nordiques. Il est un proche parent du Lapphund Suédois, qui remplissait des fonctions similaires dans la Suède voisine, bien que les Lapphunds soient historiquement plus associés à l'élevage de rennes par les Samis.
Dans les années 80, les Buhunds ont été importés aux États-Unis, où ils ont également trouvé leurs admirateurs. Aujourd'hui, il n'y a pas énormément de ces chiens dans le monde, mais ils conquièrent de plus en plus les cœurs dans d'autres pays par leur sincérité et leur énergie, tandis que pour les Norvégiens, ces chiens sont déjà devenus un véritable trésor national et un symbole d'identité.
À quoi ressemble le Buhund Norvégien : description détaillée de l'extérieur

Le Buhund Norvégien est un Spitz typique : un peu plus petit qu'une taille moyenne, compact, au format carré, avec la tête haute et la queue enroulée. Son apparence rayonne de vigilance et d'énergie. Il n'y a pas de lourdeur excessive ni de grossièreté ; c'est un athlète bâti pour l'endurance, pas pour la force brute.
Tête et museau
La tête est en forme de coin, nette, sans plis de peau superflus, avec un front assez large et plat. Le passage du front au museau (stop) est bien marqué, mais pas brusque. Le museau est assez court, s'effilant progressivement vers la truffe, mais ne doit pas être pointu ou « renardesque » au sens négatif. Le chanfrein est droit. La truffe est toujours noire.
Les yeux sont le miroir de l'âme du Buhund. Ils sont assez grands, de forme ovale et d'une couleur aussi foncée que possible. Le regard est intelligent, vif et courageux. Les paupières sont noires et bien ajustées. Les oreilles sont attachées haut, de taille moyenne, dressées, de forme triangulaire et aux extrémités pointues. Elles sont très mobiles et réagissent instantanément à tout son, pivotant comme des radars.
Corps et membres
Le cou est fort, de longueur moyenne, sans fanon, portant la tête fièrement. Le corps est compact et robuste. Le dos est court et fort, droit. La poitrine est profonde, avec des côtes bien cintrées, assurant une capacité pulmonaire suffisante pour une course prolongée. Les membres sont droits, parallèles entre eux, avec une musculature bien développée et une ossature solide. Les angulations sont modérées, ce qui permet au chien de se déplacer facilement et économiquement.
Les pattes sont compactes, de forme ovale, les doigts bien serrés (« pied de chat »). La queue est attachée haut, fermement enroulée en anneau, portée sur le dos, mais pas sur le côté. Elle est recouverte d'un poil épais, ce qui la fait ressembler à un pompon.
Poil et couleur
Le poil est double, ce qui est typique des races nordiques. Le poil de couverture est dur, épais et bien couché sur le corps. Le sous-poil est doux, très dense et cotonneux. Une telle structure de pelage protège parfaitement le chien de la pluie, de la neige et du vent perçant. Sur la tête et la face avant des membres, le poil est plus court ; sur le cou, la poitrine et l'arrière des cuisses (« culotte »), il est plus long, formant une collerette. La mue chez cette race est abondante, surtout au printemps et en automne.
Selon le standard, les couleurs suivantes sont admises :
- Froment (Wheaten) : Du roux clair (presque beige) au rouge jaunâtre. La présence de pointes de poils sombres (ce qu'on appelle la couleur « charbonnée » ou zibeline) est admise et même appréciée, mais le ton de base doit être pur. Un masque sombre sur le museau est possible.
- Noir (Black) : De préférence unicolore, noir profond, sans reflets bruns (bien que le sous-poil puisse avoir des reflets bronze au soleil).
De petites taches blanches sur la poitrine, le cou (une fine liste) et les pattes sont autorisées, mais une grande quantité de blanc est considérée comme un défaut. Visuellement, les personnes inexpérimentées peuvent confondre un Buhund froment avec le Berger Islandais, car ils ont des racines communes et un type de poil similaire, bien que les Islandais soient généralement un peu plus petits et présentent des couleurs plus variées.



