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non reconnue par la FCI · États-Unis

American Pit Bull Terrier

Une race à deux biographies documentaires : pour les registres UKC et ADBA, un terrier de travail doté de son propre standard ; pour la loi de nombreux pays, un « type » défini d'après l'apparence. Le standard UKC juge l'agressivité envers l'homme non caractéristique et la disqualifie, tandis qu'il décrit un certain niveau d'agressivité envers les chiens comme un trait de la majorité des sujets — d'où l'exigence d'une socialisation soignée et d'une clôture solide. Avant d'acquérir un chien, relisez la réglementation en vigueur de votre pays et de votre commune.
Taille
mâle 46–53 cm, femelle 43–51 cm
Poids
mâle 16–27 kg, femelle 14–23 kg
Espérance de vie
12–14 ans
Groupe FCI
non reconnue par la FCI
American Pit Bull Terrier
Photos: 8

Évaluations de la race

Famille Enfants Débutants Dressage Énergie Santé Mue Bave Aboiement Appartement Météo Instinct de chasse
Notes détaillées · 12
Famille 5.0 Enfants 4.5 Débutants 2.5 Dressage 4.0 Énergie 4.5 Santé 3.5 Mue 2.0 Bave 2.0 Aboiement 2.5 Appartement 3.0 Météo 2.5 Instinct de chasse 4.0
Avantages
Attachement à sa famille ; le standard UKC relève une amabilité qui va jusqu'aux inconnus
Grande capacité d'apprentissage et aptitude au sport, du weight pulling à l'agility
Poil court, entretien minimal
Un standard public et détaillé, avec des exigences explicites de tempérament
Inconvénients
Un certain niveau d'agressivité envers les chiens : selon le standard, un trait de la majorité des sujets
Contraintes légales selon les pays : interdiction d'introduction, permis, muselière, stérilisation
Exige un travail quotidien qui ait du sens et une clôture fiable
Pas de sous-poil : supporte mal le froid, risque de coup de chaleur à l'effort en été
Taille
Compatibilité
Appartement · sous conditions Enfants Chats · non adapté Autres chiens · sous conditions Débutants · non adapté
Pages dédiées à la race

L'American Pit Bull Terrier est une race dont on débat non seulement dans les clubs canins, mais aussi dans les parlements. Ici elle est inscrite à un livre des origines et présentée en exposition ; là son introduction sur le territoire est interdite, et le chien est classé d'après son apparence et non son pedigree. Cette page ne défend pas la race et ne l'accuse pas : elle rassemble ce qu'écrivent les standards des registres, les textes légaux en vigueur de six pays et la littérature à comité de lecture — y compris là où ces sources ne concordent pas. La conclusion appartient au lecteur. Apprenez-en plus sur Tvaryny.

Race, type et registres : qui tient les livres

Première chose à comprendre : le mot « pitbull » ne désigne pas la même chose selon qui l'emploie. Pour un registre canin, c'est une race précise, avec un standard écrit et un livre des origines. Pour le législateur, dans la plupart des pays, c'est un type — un chien qui ressemble à quelque chose, indépendamment de son ascendance. La moitié des controverses ne porte donc pas sur les chiens, mais sur les définitions.

Deux registres américains tiennent la race en tant que race :

  • United Kennel Club (UKC) — selon le texte même de son standard, ce fut le premier registre à reconnaître l'American Pit Bull Terrier. Le fondateur de l'UKC, C. Z. Bennett, attribua le numéro d'enregistrement 1 à son propre APBT, Bennett's Ring, en 1898. La race est classée dans le groupe des terriers ; la version en vigueur du standard date du 1er mai 2017.
  • American Dog Breeders Association (ADBA) — selon l'historique publié par l'association, elle a été créée en septembre 1909 comme association multi-races ; son président était Guy McCord et son cofondateur Con Feeley, tous deux proches de John P. Colby. Le standard de conformation propre à l'ADBA (Heritage) est élaboré à partir de 1976, à la demande de propriétaires qui ne voulaient copier ni l'UKC ni l'AKC. Depuis 2006, le registre est ouvert à d'autres races pures.

Passons maintenant aux deux registres qui ne tiennent pas l'American Pit Bull Terrier — c'est là que naît la confusion la plus fréquente.

L'American Kennel Club (AKC) reconnaît une race apparentée, l'American Staffordshire Terrier, dont le standard officiel a été approuvé le 10 juin 1936 et fait toujours foi. Deux systèmes d'enregistrement distincts, donc : un chien peut avoir des papiers UKC d'APBT tandis que son proche parent a des papiers AKC d'AmStaff — formellement deux races différentes, malgré une origine commune.

La FCI, dont la nomenclature sert de référence à la plupart des organisations cynologiques européennes, liste dans son groupe 3 « Terriers », section « Terriers de type bull », quatre races : Bull Terrier (n° 11), Staffordshire Bull Terrier (n° 76), American Staffordshire Terrier (n° 286) et Bull Terrier miniature (n° 359). L'American Pit Bull Terrier n'y figure pas. Le standard FCI de l'AmStaff est daté du 3 septembre 1996, pays d'origine : États-Unis.

Conséquence pratique, directe et désagréable pour un propriétaire européen : dans les pays FCI, votre chien ne peut pas disposer d'un pedigree international en tant qu'American Pit Bull Terrier. Or l'absence de papiers joue devant la loi contre le chien, et non en sa faveur — c'est le mécanisme même de la première catégorie française.

La loi : où et comment la race est encadrée

Ce que montrent les études sur les morsures et les interdictions

Faits intéressants sur la race

  • Le numéro d'enregistrement 1. C. Z. Bennett, fondateur de l'UKC, a attribué la toute première inscription du club à son propre APBT, Bennett's Ring, en 1898 : le registre a commencé par cette race.
  • Un chien qui escalade les murs. Non pas une légende urbaine, mais une ligne du standard : l'UKC qualifie la race de l'une des plus douées pour l'escalade et en tire l'exigence d'une clôture solide.
  • Mauvais gardien — selon le document officiel. Le même standard dit que l'APBT n'est pas le meilleur choix comme chien de garde, parce qu'il est trop amical, même avec les inconnus.
  • Une histoire commune, des documents distincts. Le standard AKC de l'American Staffordshire Terrier, approuvé le 10 juin 1936, fait toujours foi ; la FCI tient l'AmStaff sous le numéro 286, tandis que l'APBT est absent de sa nomenclature.
  • Sergent Stubby. Le plus célèbre quadrupède de la Première Guerre mondiale, qui alertait les soldats des attaques au gaz, est traditionnellement cité parmi les pitbulls illustres. Il n'avait aucun pedigree — et cette histoire illustre le sujet de cette page : la race qu'on attribue à un chien lui est attribuée d'après son allure.

Identification : pourquoi le « pitbull » du procès-verbal et celui de l'ADN sont deux choses différentes

C'est la partie la moins connue du dossier, et la plus déterminante. Presque toutes les lois sur les pitbulls et presque toutes les statistiques de morsures reposent sur une même opération : quelqu'un a regardé un chien et a nommé une race. Des études à comité de lecture en ont mesuré la fiabilité ; le résultat est constant.

  • Olson et coll., The Veterinary Journal, 2015. Quatre refuges, 16 membres du personnel, 120 chiens. Visuellement, le personnel a classé 62 chiens (52 %) comme de type pitbull ; le test ADN, seulement 25 (21 %). Concordance entre observateurs : 76 à 83 % (kappa 0,44 à 0,52, soit modérée) ; la sensibilité de l'identification visuelle allait de 33 % à 75 %, la spécificité de 52 % à 100 %. Conclusion littérale des auteurs : l'identification visuelle des chiens de type pitbull n'est pas fiable.
  • Voith et coll., Journal of Applied Animal Welfare Science, 2009. Vingt chiens provenant de 17 structures. Pour 87,5 % des chiens auxquels une structure avait attribué des races précises, l'analyse ADN n'a pas retrouvé toutes les races annoncées.
  • Hoffman et coll., même revue, 2014. Photographies de 20 chiens soumises à des employés de refuges américains et britanniques : les Britanniques appelaient fréquemment Staffordshire Bull Terriers les chiens que les Américains tenaient pour des pitbulls. Autre résultat : 41 % des répondants soumis à un régime d'interdiction raciale ont déclaré qu'ils étiquetteraient sciemment un chien de race interdite sous un autre nom.
  • Gunter et coll., PLOS ONE, 2018. 919 chiens de deux grands refuges, testés génétiquement : 4,9 % de race pure. Le personnel retrouvait au moins une race réelle dans 67,7 % des cas, mais dès qu'il fallait en nommer plus d'une, la concordance tombait à 10,4 %.

Superposez maintenant ces résultats aux textes de loi. La notice officielle britannique formule le critère sans détour : savoir si votre chien relève d'un type interdit « dépend de son apparence, et non de sa race ou de son nom ». Le Real Decreto espagnol 287/2002 décrit en annexe II le chien potentiellement dangereux de façon purement morphologique — musculature forte, poil court, périmètre thoracique de 60 à 80 cm, hauteur au garrot de 50 à 70 cm, poids supérieur à 20 kg, tête volumineuse et cuboïde — et l'applique au chien présentant « toutes ou la plupart » de ces caractéristiques. La loi fédérale allemande étend l'interdiction d'introduction aux quatre races nommées « et à leurs croisements entre elles ou avec d'autres chiens ». Le droit français classe en première catégorie des chiens assimilables par leurs caractères morphologiques à des races, sans inscription à un livre généalogique.

La notion juridique coïncide donc avec ce jugement visuel dont les études citées ont mesuré le manque de fiabilité. Pour le propriétaire : le risque ne dépend pas seulement de l'ascendance réelle du chien, mais de la manière dont un tiers l'évaluera — un agent, un bailleur, un assureur. Et le mécanisme joue dans les deux sens : un croisé sans une goutte de pitbull peut hériter de toutes les contraintes, tandis qu'un chien à ascendance pitbull peut n'en subir aucune.

Alimentation

Alimentation

Santé et risques

Santé : ce qui est documenté

Questions fréquentes (FAQ) · 5

Est-il vrai que les pitbulls ont une « mâchoire qui se bloque » ?

Aucun mécanisme de verrouillage n'existe chez le chien ; le standard UKC décrit chez l'APBT un articulé en ciseaux ordinaire, sans anatomie mandibulaire particulière. La « prise mortelle » est le versant comportemental du trait déjà décrit. La différence entre « ne peut pas » et « ne veut pas » est décisive, car seule la seconde se travaille.

Peut-on avoir un APBT dans une famille avec des enfants ?

Le standard UKC relève que la race « a toujours été remarquée pour son amour des enfants ». Plus utile encore : les circonstances des incidents les plus graves. Chez Patronek et coll. (2013), 87,1 % des cas mortels se sont produits en l'absence d'une personne valide capable d'intervenir, et dans 77,4 % la victime avait une capacité réduite à interagir correctement avec un chien. Ce qui décide, c'est donc la présence d'un adulte et la maîtrise de la situation. La réglementation britannique introduit d'ailleurs, au 1er novembre 2026, une exigence explicite de surveillance des contacts avec les enfants de moins de 12 ans.

Peut-on le faire cohabiter avec d'autres chiens ?

Le standard UKC le dit sans détour : la plupart des sujets manifestent un certain niveau d'agressivité envers les chiens, et c'est pour cela que la race exige une socialisation et une éducation soigneuses. Ce n'est pas une sentence pour chaque paire de chiens, mais un trait qui s'anticipe : repas séparés, gestion des ressources, clôture fiable, travail du rappel, décision réfléchie quant aux parcs en liberté.

Un American Pit Bull Terrier peut-il être détenu légalement en France ?

Le droit français raisonne par type et par inscription à un livre généalogique, non par nom de race. Un chien de type American Staffordshire terrier non inscrit relève de la 1re catégorie : achat, vente et don interdits, stérilisation obligatoire, accès aux lieux publics et aux transports fermé, permis délivré par le maire, évaluation comportementale, formation du maître, assurance. Et comme la FCI ne reconnaît pas l'APBT, l'inscription à un livre des origines sous ce nom n'est pas possible.

Pourquoi mon croisé peut-il être classé « pitbull » ?

Parce que la loi décrit le plus souvent un type et non une race. La notice britannique le formule ainsi : l'appartenance à un type interdit dépend de l'apparence du chien, non de sa race ni de son nom. L'annexe II espagnole ne nomme aucune race : elle énumère des mesures et des caractères de constitution. Chez Olson et coll. (2015), le personnel des refuges classait 52 % des chiens comme de type pitbull, contre 21 % pour l'analyse ADN.

Vidéo sur la race

Questions fréquentes

Les pit-bulls sont-ils agressifs envers les gens ?
Le standard UKC qualifie le comportement agressif envers l'homme de non caractéristique et hautement indésirable, et inscrit l'agressivité comme la timidité extrême parmi les disqualifications. Selon les statistiques du test de tempérament ATTS (janvier 2023), 841 chiens sur 960 ont réussi, soit 87,6 % ; pour le Golden Retriever, 718 sur 836, soit 85,9 %. À retenir : les chiens sont présentés volontairement par leurs propriétaires, et aucun des dix sous-tests ne met le chien face à un autre chien.
Peut-on le faire cohabiter avec d'autres chiens ?
Le standard UKC indique que la plupart des sujets manifestent un certain niveau d'agressivité envers les chiens et exige pour cette raison une socialisation et une éducation soigneuses. Cela s'anticipe : repas séparés, gestion des ressources, clôture fiable, travail du rappel.
Un American Pit Bull Terrier peut-il être détenu en France ?
Le droit français raisonne par type et par inscription à un livre généalogique. Un chien de type American Staffordshire terrier non inscrit relève de la 1re catégorie : achat, vente et don interdits, stérilisation obligatoire, muselière et laisse, accès fermé aux lieux publics et aux transports, permis de détention délivré par le maire, évaluation comportementale entre 8 et 12 mois, formation du maître et assurance. Comme la FCI ne reconnaît pas l'APBT, l'inscription à un livre des origines sous ce nom n'est pas possible.
Et ailleurs en Europe ?
L'Allemagne interdit l'introduction et l'importation des Pitbull-Terrier, American Staffordshire-Terrier, Staffordshire-Bullterrier, Bullterrier et de leurs croisements. Au Royaume-Uni, le type pit bull terrier relève de l'article 1 du Dangerous Dogs Act 1991 et suppose un certificat d'exemption. En Espagne, la race figure à l'annexe I du Real Decreto 287/2002 et exige une licence municipale ; en Pologne, elle ouvre la liste des races réputées agressives (arrêté du 28 avril 2003).
Pourquoi mon croisé peut-il être classé « pitbull » ?
Parce que la loi décrit le plus souvent un type et non une race : la notice officielle britannique précise que l'appartenance à un type interdit dépend de l'apparence du chien, non de sa race ni de son nom. La fiabilité de ce jugement a été mesurée : chez Olson et coll. (The Veterinary Journal, 2015), le personnel des refuges classait 52 % des chiens comme de type pitbull, contre 21 % pour l'analyse ADN.
La race est-elle reconnue par la FCI et l'AKC ?
Non. Le groupe 3 « Terriers » de la nomenclature FCI comprend le Bull Terrier (n° 11), le Staffordshire Bull Terrier (n° 76), l'American Staffordshire Terrier (n° 286) et le Bull Terrier miniature (n° 359) — l'American Pit Bull Terrier n'y figure pas. L'AKC tient l'AmStaff, dont le standard officiel a été approuvé le 10 juin 1936. L'APBT est enregistré par l'UKC (première inscription : Bennett's Ring, 1898) et l'ADBA (fondée en septembre 1909).

Races similaires

Sources
  • UKC standard 2017
  • AKC
  • FCI
  • ADBA
  • ATTS 2023
  • JAVMA 2013
  • Vet Rec 2026