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Briard — Histoire et standard

Un « cœur enveloppé de poils » : dévoué, intelligent, sensible et infatigable. Le briard est un ancien berger français au pelage somptueux ondulé et aux doubles ergots ; il s'attache profondément à sa famille et apprend bien, mais a besoin de travail, de toilettage et d'un maître sûr de lui.
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Briard
Sommaire
1Histoire du Berger de Brie : de l'abbé Rozier aux chiens sanitaires 2À quoi ressemble le Briard : ce qu'exige exactement le standard FCI n° 113

Histoire du Berger de Brie : de l'abbé Rozier aux chiens sanitaires

L'histoire du Briard possède un point de départ commode, et il est inscrit dans le standard lui-même. La race a longtemps été connue sous l'appellation générique de chiens de berger français de plaine, et c'est en 1809, dans le « Cours complet d'agriculture » de l'abbé Rozier, que le nom de « chien de Brie » apparaît pour la première fois. Autrement dit, le Briard entre dans l'écrit non par la cynophilie mais par un traité d'agronomie : au même titre qu'une race ovine ou qu'un outil de ferme.

La Brie est une région céréalière à l'est de Paris, et la fonction du chien y est exactement celle que le standard consigne encore : conduire et garder les troupeaux. La plaine n'est pas la montagne : pas de barrière naturelle, des moutons qui pâturent le long de cultures non clôturées, et un chien qui ne doit pas pousser le troupeau devant lui mais le contenir — faire office de haie vivante. De là vient l'allure demandée par le standard : un trot allongé, avec une bonne amplitude et une bonne poussée de l'arrière, de façon que le chien travaille « avec le minimum d'efforts et de fatigue ».

La biographie publique commence plus tard. Les Briards sont présentés à l'exposition agricole de Paris en 1863, où on les confond régulièrement avec l'autre berger français de plaine, le Beauceron : même pays, même travail, la différence tenant d'abord au poil. Un premier standard est rédigé en 1897, et le Club des Amis du Briard voit le jour en 1909 — deux événements distincts que les résumés fusionnent souvent à tort.

Le chapitre américain est, lui, plutôt bien documenté. En octobre 1789, au Havre, Thomas Jefferson, alors sur le départ pour la Virginie, acquiert une chienne pleine nommée Bergère ; elle met bas deux chiots pendant la traversée, et les chiens sont à Monticello dès le début de 1790. La Fayette lui enverra plus tard un autre couple. Le club de race américain identifie ces « chiens bergers de Brie » comme des Briards. Le lien avec Napoléon, lui, n'est pas de même nature : il repose sur la tradition de race et la littérature cynophile, non sur une pièce d'archive comparable au mémorandum de Jefferson.

Reste la guerre — et là, nul besoin de s'appuyer sur des récits de club. Le bref aperçu historique du standard FCI n° 113 écrit noir sur blanc que la race a été utilisée par l'armée française pendant les deux guerres mondiales, notamment comme sentinelle et comme chien ambulancier recherchant les blessés sur les champs de bataille. Il est rare qu'un passé militaire soit consigné non dans un ouvrage de vulgarisation mais dans le document officiel en vigueur de la race. Le chien sanitaire travaillait d'ailleurs méthodiquement : quadrillage du terrain, repérage d'un homme à terre, retour au conducteur en rapportant un objet du blessé ou en indiquant la direction — soit exactement la tâche du pâturage, à ceci près que l'objet de la recherche n'était plus un agneau égaré. Les deux conflits ont laminé les effectifs, et la race a été reconstruite par les éleveurs en temps de paix.

Quant au récit médiéval d'Aubry de Montdidier, dont le chien aurait confondu l'assassin de son maître, il relève de la légende : on la retrouve de livre en livre, et certains y voient même l'origine du mot « Brie » par altération d'« Aubry ». C'est à ce titre — celui de légende — qu'il faut la garder.

À quoi ressemble le Briard : ce qu'exige exactement le standard FCI n° 113

Photo d'un chien Briard adulte

L'aspect général tient en une phrase : un chien rustique, souple, musclé et bien proportionné, vif et éveillé. Le format est légèrement allongé — la longueur du corps, de la pointe de l'épaule à la pointe de la fesse, doit être légèrement supérieure à la hauteur au garrot. Le Berger de Brie est un chien médioligne.

La tête se mesure, elle ne s'apprécie pas à l'œil. Le standard donne trois proportions d'un coup : la tête est longue, 2/5 de la hauteur au garrot ; la largeur du crâne est légèrement inférieure à la moitié de la longueur de la tête ; le crâne et le chanfrein sont de même longueur. De profil, leurs lignes sont parallèles. Le stop est marqué et se situe à égale distance de l'occiput et de l'extrémité du nez. La truffe est forte, les narines bien ouvertes, et elle est toujours noire, sauf chez les chiens bleus, où elle est bleue ou bleuâtre. Le poil de la tête forme barbe, moustache et sourcils voilant légèrement les yeux.

Les yeux sont ovales, horizontaux, bien ouverts, plutôt grands et de couleur foncée ; chez les sujets bleus, des yeux légèrement plus clairs sont admis. Un œil trop clair (jaune) ou vairon figure parmi les défauts entraînant l'exclusion.

Les oreilles sont attachées haut, non plaquées, et plutôt courtes si elles sont laissées naturelles : la longueur du cartilage doit être égale ou légèrement inférieure à la moitié de la longueur de la tête. Elles sont toujours plates et couvertes de poils longs. Le standard décrit encore la variante coupée, « dans les pays où cette pratique n'est pas interdite », mais la coupe est prohibée dans la plupart des juridictions européennes et l'oreille naturelle est depuis longtemps la norme des rings. À noter : une oreille droite naturellement est, elle, un défaut entraînant l'exclusion — ce n'est pas une race à oreille dressée.

Le corps : dos droit, rein court et ferme, croupe peu inclinée et légèrement arrondie. La poitrine est large et longue, bien descendue jusqu'aux coudes, les côtes bien cintrées. Cette formule n'est pas décorative : c'est précisément une poitrine profonde qui place la race dans la population à risque pour la torsion d'estomac, comme on le verra plus bas.

La queue est entière, portée bas, descend au moins jusqu'à la pointe du jarret, sans déviation, et forme un léger crochet en forme de J. En action, elle peut être portée au plus haut dans le prolongement de la ligne du dessus. Une queue portée sur le dos « en cor de chasse » ou dressée verticalement exclut le sujet.

Le poil est décrit brièvement et très précisément : flexueux, long, sec, « genre poil de chèvre », avec un léger sous-poil. Un poil de moins de 7 cm, mou ou laineux, constitue un défaut grave — la race normalise donc non seulement la longueur mais la texture. Un poil sec et nerveux ne feutre pas au même rythme qu'un poil mou : un sujet à robe « incorrecte » est aussi, très concrètement, un chien plus lourd à entretenir.

La robe est le point sur lequel les résumés se trompent le plus souvent. Le standard n'autorise pas « toute couleur unie sauf le blanc » : il énumère une liste fermée — noire, fauve, fauve charbonné (légèrement à moyennement) souvent masquée, grise ou bleue. Une robe d'un fauve chaud peut présenter un éclaircissement ton sur ton aux extrémités et sur les parties déclives ; les robes noire, grise et bleue de même ; toutes les robes peuvent plus ou moins grisonner. Entraînent l'exclusion : la couleur blanche, marron ou acajou, une robe de deux couleurs distinctes, une liste blanche, des poils blancs à l'extrémité des membres, la robe fauve à manteau et la robe fauve à manteau charbonné. Un ensemble de robe trop clair est un défaut grave.

Enfin, une ligne que tout acheteur devrait lire : le standard se termine par la mention que seuls les chiens sains, capables d'accomplir les fonctions pour lesquelles ils ont été sélectionnés et dont la morphologie est typique de la race, peuvent être utilisés pour la reproduction. Ce n'est pas une formule de politesse : c'est la norme sur laquelle s'appuie chaque club national.

Fiche complète de la race → Briard: santé et risques, alimentation, photos
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