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Groupe 2, section 2.1 — molossoïdes, type dogue ; sans épreuve de travail · Danemark

Broholmer

Un géant danois au port royal et au grand cœur — impressionnant d'aspect, doux par nature : calme, équilibré, fiable et dévoué. Le broholmer est un mastiff danois rare, reconstruit à partir de quatre chiots d'une seule portée de 1976. Le standard FCI le dit calme, débonnaire et amical — et en même temps vigilant, et le club danois précise : en général amical, y compris envers les étrangers. Un cadre clair est nécessaire à cause de la taille du chien, non de son tempérament.
Taille
♂ ≈75 cm · ♀ ≈70 cm
Poids
40–70 kg
Espérance de vie
8–11 ans
Groupe FCI
2, section 2.1 — molossoïdes, type dogue ; sans épreuve de travail
Broholmer
Photos: 4

Évaluations de la race

Famille Enfants Débutants Dressage Énergie Santé Mue Bave Aboiement Appartement Météo Instinct de chasse
Notes détaillées · 12
Famille 5.0 Enfants 4.5 Débutants 2.5 Dressage 3.5 Énergie 2.5 Santé 3.5 Mue 3.0 Bave 3.0 Aboiement 2.5 Appartement 2.0 Météo 4.0 Instinct de chasse 1.5
Avantages
Calme, équilibré, débonnaire
Protecteur fiable sans agressivité inutile
Dévoué et affectueux avec la famille
Compagnon équilibré au quotidien
Inconvénients
Un géant — a besoin d'espace, pas pour un appartement
Bave et mue modérément
Vie plus courte du géant (8–11 ans)
Patrimoine génétique fermé : attente pour un chiot et choix de lignées limité
Taille
Compatibilité
Appartement · non adapté Enfants Chats Autres chiens Débutants · sous conditions
Pages dédiées à la race

Le Broholmer est un molosse danois de type dogue qui a bel et bien disparu au XXe siècle avant d'être reconstruit presque à partir de rien : en 1976, quatre chiots issus d'une seule portée sont devenus la base de toute la race actuelle. Ce n'est ni une légende ni un argument de club — c'est une histoire documentée, avec les noms des chiens, les dates des expertises et jusqu'aux tentatives qui ont échoué. Aujourd'hui, le Broholmer est un géant calme et sûr de lui, doté du standard FCI n° 315 et de l'une des plus petites populations d'élevage parmi les races reconnues. Pour en découvrir d'autres, rendez-vous sur Tvaryny.

Comment la race a disparu : la consanguinité en cause

La première moitié du XXe siècle a défait l'œuvre de Sehested. Deux guerres mondiales et les crises économiques ont rendu difficile l'entretien d'un très grand chien, remplacé un peu partout par de plus petits. L'élevage devint plus fortuit que méthodique. Contre la maladie de Carré, il n'existait alors qu'une seule « solution » : l'euthanasie.

Mais le club de race, lorsqu'il raconte ces années, ne désigne comme cause principale ni les guerres ni les épidémies. Sa notice historique dit ceci : la consanguinité croissante a entraîné une perte de type, de santé et de mentalité ; des chiens de cette qualité se plaçaient mal ; la spirale s'est refermée. Et le club ajoute une phrase qu'il s'adresse à lui-même : un tel enchaînement doit rester inscrit dans l'histoire du Broholmer comme un avertissement. Les derniers chiens ont été inscrits aux livres des origines dans les années 1950 ; la race fut ensuite considérée comme éteinte pendant plusieurs décennies.

La reconstruction 1974–1998 : des noms, des dates et des échecs

Cette histoire mérite d'être connue en détail, car elle explique toutes les règles actuelles de la race. Le déclencheur fut une journaliste, Jytte Weiss : en mai 1974, la revue du Kennel Club danois « HUNDEN » publia son article « À la recherche du Broholmer ». Suivirent d'autres publications et une dépêche diffusée par l'agence Ritzau dans tout le pays, invitant les propriétaires éventuels à contacter le Comité du DKK pour les races nationales et oubliées.

Deux mâles furent trouvés les premiers. Bjørn de Helsinge, un mâle fauve que les juges reconnurent à l'unanimité comme un vrai Broholmer, se révéla stérile. Le second était Manne, mâle noir de sept ans venu d'Asserbo, qui avait laissé dans sa région une descendance abondante et non enregistrée. Au cours de l'année 1975, des propriétaires présentèrent leurs chiens aux juges du DKK Ole Staunskjær et Gerhard Refsgaard ; cinq à six sujets furent retenus et qualifiés de métis de bon type. Les 2 et 3 juin 1976, à l'exposition de Roskilde, six chiens passèrent devant les juges et cinq furent déclarés aptes à la reproduction.

Ce que le goulet d'étranglement des fondateurs signifie aujourd'hui

La singularité du Broholmer n'est pas son allure, c'est l'état de son patrimoine génétique — et le club en parle ouvertement. Avec la reconnaissance de la FCI en 1998, le livre des origines s'est refermé : les chiens sans pedigree FCI ne sont plus acceptés. Autrement dit, toute la variabilité génétique de la race est déjà fixée par ce qu'ont apporté les premiers reproducteurs ; on ne peut plus l'augmenter, seulement la réduire.

L'ordre de grandeur : environ 1 200 Broholmers enregistrés vivants dans le monde. Et les chiens nés à l'étranger n'aident en rien — ils descendent tous de chiens danois et appartiennent au même pool fermé. Les enregistrements annuels au DKK ont oscillé sur une décennie entre 89 chiots (2008) et 148 (2017). Planifier une saillie sans consanguinité, dès qu'on remonte cinq à sept générations, reste difficile.

De là des règles qu'on ne trouve pas dans les races ordinaires :

  • La limite du « mâle populaire ». Aucun mâle ne doit être le père de plus du quart du nombre annuel moyen de chiots enregistrés ; pour le Broholmer, cela donnait 34 chiots en 2018 et 37 en 2019. Le club insiste pour y intégrer la descendance née à l'étranger.
  • La consanguinité se calcule plus loin que ne l'exige le kennel club : non pas 6,25 % sur trois générations, mais 6,25 % sur quatre — avec le conseil de remonter encore davantage.
  • Les saillies répétées sont proscrites par défaut. Refaire une combinaison suppose des raisons sérieuses ; la commission d'élevage déconseille systématiquement la répétition, ainsi que l'emploi d'un même mâle sur deux sœurs de portée.
  • Les cryptorchides, prudemment réadmis. Un mâle cryptorchide est normalement exclu de la reproduction ; pour le Broholmer, le club et le DKK ont lancé un projet permettant à des mâles unilatéralement cryptorchides, jugés précieux pour la reconstruction, d'y participer. Les conditions sont strictes : description de conformation, spermogramme, absence de tout autre défaut éliminatoire, résultats de santé satisfaisants et test de comportement passé ; le projet est plafonné à cinq mâles, chacun limité à deux portées. C'est un compromis assumé : la race ne peut pas se permettre de perdre ces gènes en plus.
  • La variété noire, un chantier à part. Elle accuse encore un retard de type, si bien qu'un chien noir obtient plus difficilement en exposition la note requise pour l'agrément d'élevage. Le club recommande d'accoupler les noirs dominants à des fauves et rouges typiques — pour améliorer le type, mais aussi pour ne pas enfermer la lignée noire dans la consanguinité.

La logique de ces règles est simple : dans une population fermée, chaque chien écarté de la reproduction ne retire pas seulement de la race le caractère indésirable, mais tout son assortiment unique de gènes — et on ne le récupère jamais. Le club louvoie donc entre la sévérité envers les maladies et la peur de rétrécir la base. Dernier exemple en date : les modifications applicables aux saillies postérieures au 1er mars 2026, qui permettent désormais d'obtenir l'agrément soit en exposition, soit par une description de conformation faite au sein du club, et qui suppriment la limite d'âge du test de comportement (auparavant à passer avant 36 mois). La raison est énoncée sans détour : l'obligation d'exposition privait la race de reproducteurs potentiels, surtout des mâles.

Le Kennel Club danois l'écrit encore aujourd'hui en une ligne : la reconstruction de la race n'est pas achevée.

Faits intéressants sur la race

  • Le « fait » le plus célèbre à propos de la race est un mythe — et c'est le club lui-même qui l'avoue. Le roi Frédéric VII et la comtesse Danner ont bien eu en permanence deux chiens nommés Tyrk et Holger, attestés par des tableaux au château de Jægerspris. Mais ce n'étaient pas des Broholmers : c'étaient des « grands chiens danois ». Frédéric VII est mort 23 ans avant que le Broholmer ne soit reconnu comme race distincte. Le club explique franchement l'origine de l'erreur : lors des recherches de 1975, il manquait de belles images anciennes de la race, de préférence avec un roi — et le choix s'est porté sur Frédéric VII et Tyrk.
  • Au zoo de Copenhague, les Broholmers n'étaient pas seulement montrés : leurs chiots étaient vendus, et les femelles servaient de nourrices aux petits des grands félins.
  • Les Broholmers noirs gardaient l'hiver le parc d'attractions Tivoli, et dans la forêt de Gribskov on les appelait « les chiens des charbonniers ».
  • Le DKK a marqué le début de la reconstruction en faisant frapper une médaille à l'effigie d'un Broholmer, distribuée aux exposants en 1976.
  • Quand la race a enfin été autorisée à quitter le pays, la règle était : pas plus de 10 % d'une portée. Le premier Broholmer est parti en Norvège au printemps 1999.
  • La numérotation des chiens porte encore la trace de la reconstruction : X pour les chiens du registre X jusqu'en 1998, Y pour les portées nées au Danemark, I pour les portées nées à l'étranger, K pour les chiens transférés du registre danois DRU.
  • Le Broholmer est l'une des cinq races nationales danoises, suivie par un comité spécifique du kennel club consacré aux races nationales et oubliées.
  • Il fut un temps où le propriétaire d'un Broholmer avait l'obligation de faire reproduire son chien : c'est ainsi qu'on refaisait le cheptel. Le club précise sur sa page consacrée aux idées reçues que cette obligation est abolie depuis longtemps, tout comme l'idée qu'il faudrait son aval pour acheter un chiot : la vente ne regarde que l'éleveur et l'acquéreur.

Soins et entretien

Chiot Broholmer

Le cadre idéal reste une maison avec un grand terrain solidement clôturé. La race aime être dehors et supporte bien les intempéries grâce à son poil dense doublé de sous-poil — mais « dehors » signifie ici auprès de la famille, et non à l'écart d'elle.

  • Poil : court et couché, avec un sous-poil épais. La mue est nette au printemps et à l'automne ; brossez plus souvent à ces périodes, un passage régulier à la brosse en caoutchouc suffit le reste de l'année.
  • Oreilles : à inspecter régulièrement. Ce n'est pas une formalité : dans l'enquête de santé de la race, les problèmes d'oreilles — rougeurs, inflammations, mycoses — sont arrivés en tête des signalements des propriétaires.
  • Yeux et paupières : le standard exige des paupières bien jointives ; tout larmoiement ou toute irritation persistante justifie une consultation plutôt que des mois de nettoyage maison.
  • Griffes : à couper si elles ne s'usent pas à la promenade. Chez un chien lourd, une griffe trop longue modifie vite l'appui du pied.
  • Exercice : le jeune chien se dépense modérément. Le conseil très concret du Kennel Club danois : tant que le Broholmer n'a pas fini sa croissance, il ne lui vaut rien de monter et descendre beaucoup d'escaliers. L'adulte a besoin de longues promenades quotidiennes à allure tranquille, pas de sport.
Alimentation

Alimentation : recommandations clés pour un géant

Santé et risques

Les couleurs : une génétique que le club a élucidée lui-même

En 2013, la commission d'élevage a lancé un projet couleur pour savoir de quel noir le Broholmer était porteur. Le résultat fut inattendu, et il a des conséquences pratiques pour quiconque regarde une portée.

  • La majorité de la race est zibeline (Ay). Autrement dit, les chiens fauves et les chiens rouges sont génétiquement identiques malgré leur aspect très différent : la nuance dépend de gènes modificateurs qui ne sont pas tous identifiés. Conclusion pratique du club : deux chiens rouge foncé peuvent parfaitement donner des chiots fauves, et inversement.
  • Le noir récessif (a) existe dans la race. Cette forme de noir n'est connue que chez un petit nombre de races canines, et sa découverte a surpris le club. Concrètement, un chiot noir peut naître de deux façons : d'un chien noir dominant avec n'importe quel partenaire, ou d'un chien noir récessif à condition que le partenaire porte lui aussi cet allèle.
  • Le « charbonné » n'est autre que le tipping des chiens zibelines, c'est-à-dire l'extrémité noire des poils. Le standard le considère comme un défaut — alors qu'il découle de la génétique de base de la majorité du cheptel.
  • Les chiens rouge récessif ne produisent aucun pigment noir dans le poil. La peau, elle, en produit généralement, si bien que la truffe et le bord des paupières restent foncés — mais le club constate aussi des Broholmers rouge récessif à truffe rouge et paupières claires. Or le standard exclut toute truffe d'une couleur autre que noire.
  • Les marques blanches ont deux origines : soit le pigment « n'a pas suffi » à couvrir tout le corps, soit le gène piebald, dont le comportement est imprévisible — des marques normales jusqu'à un collier blanc. Deux copies de piebald donnent un Broholmer blanc taché.
  • Le noir et feu et le poil long circulent toujours dans la race. Le dernier chiot noir et feu est né en 2012. Le poil long a été mis en évidence en 2008, lorsqu'une portée a donné trois chiots à poil long, un test ADN confirmant la paternité. Les deux caractères sont récessifs : si les deux parents sont porteurs, un quart de la portée est statistiquement concerné. Or le poil long est un défaut entraînant l'exclusion.
  • Le bringé n'a pas été mis en évidence chez le Broholmer.

C'est ce projet qui a fourni l'argument parvenu jusqu'au standard : si les chiens fauves et rouges sont zibelines et tiennent leur couleur de la même génétique, la règle « seul le fauve peut porter un masque » n'a plus de sens. Dans sa version 2025, la FCI a rendu le masque facultatif pour le fauve comme pour le rouge.

Santé et maladies typiques

Questions fréquentes sur la race (FAQ) · 6

Le Broholmer convient-il à un propriétaire inexpérimenté ?
La vraie limite n'est pas le caractère, c'est la masse. Le Kennel Club danois écrit explicitement qu'un cadre clair est nécessaire à cause de la taille du chien et non de son tempérament : la race est coopérative et apprend volontiers dès lors que la méthode repose sur l'envie, la bienveillance et la confiance. La question est donc plutôt de savoir si l'on est capable de gérer, en toutes circonstances et dehors, un chien approchant les 70 kg.

Les Broholmers ont-ils vraiment de mauvaises articulations ?
Le club consacre à cette affirmation une mise au point. Tous les chiens utilisés en reproduction sont obligatoirement radiographiés des hanches et des coudes, et le club s'efforce de faire radiographier la portée entière, pas seulement les reproducteurs. Sur la coupe décennale : 83,6 % des chiens examinés avaient des hanches de stade A ou B, et 92,7 % des coudes de stade 0 ou 1. La race reste néanmoins grande et lourde : les articulations d'un chiot demandent plus d'attention pendant la croissance que chez un chien moyen.

Comment les Broholmers se comportent-ils avec les autres animaux ?
Avec une socialisation précoce et correcte, ils cohabitent bien, surtout s'ils ont grandi ensemble. Les difficultés apparaissent plutôt entre mâles adultes. Comme le chien est fortement attaché à son territoire et ne vagabonde pas, les conflits se nouent en général autour de la maison et du terrain.

Les Broholmers perdent-ils beaucoup leurs poils ?
Le poil est court et dense, doublé d'un sous-poil épais ; la mue est nette au printemps et à l'automne, périodes où un brossage plus fréquent s'impose. La race ne demande aucun toilettage complexe.

Est-il difficile de trouver un chiot Broholmer ?
Oui, et la raison est structurelle : environ 1 200 chiens enregistrés vivants dans le monde, des enregistrements annuels au Danemark de l'ordre d'une centaine de chiots, et un livre des origines fermé — aucun apport de sang nouveau n'est possible. Chaque portée danoise reçoit son numéro et un certificat du club, si bien que l'origine se vérifie. Le choix des lignées est donc limité et l'attente, en général, longue.

Peut-on garder un Broholmer à la chaîne ?
Catégoriquement non. C'est un chien social qui, selon la description du kennel club, a besoin d'une vraie vie sociale au contact étroit de sa famille ; il est au mieux quand il voit tout le monde à la fois. Contrairement à certaines races aux besoins sociaux moins marqués, comme le Bulldog Anglais, le Broholmer a besoin d'un contact permanent avec les humains.

Vidéo sur la race

Questions fréquentes

Le broholmer est-il agressif ?
Non. Le standard FCI décrit le tempérament comme calme, débonnaire et amical — et en même temps vigilant, et le kennel club danois le précise : en général amical, y compris envers les étrangers. L'agressivité et la crainte excessive sont des défauts éliminatoires, et les deux parents doivent avoir passé le test de comportement obligatoire après l'âge de 10 mois.
Le broholmer est-il bon pour la famille ?
Beaucoup — c'est un géant calme et dévoué, patient avec les enfants à qui l'on a appris à se comporter avec un grand chien. Il lui faut une vraie vie sociale auprès de la famille, et non un chenil au fond du jardin : il est au mieux quand il voit toute la maisonnée d'un seul regard. L'espace reste indispensable, donc pas pour un appartement.
Le broholmer est-il rare ?
Très. Environ 1 200 chiens enregistrés vivent dans le monde et le livre des origines est fermé depuis 1998 : aucun apport de sang nouveau n'est possible. Les enregistrements annuels au Danemark se sont maintenus entre 89 et 148 chiots, si bien que le choix des lignées est limité et l'attente en général longue.

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Sources
  • Standard FCI n° 315 (version du 03.05.2025)
  • Dansk Kennel Klub
  • Broholmerselskabet