Caractère et tempérament

Le standard décrit le tempérament en quatre mots : calme, d'un bon naturel, amical — et néanmoins vigilant. L'ordre des mots compte, et le Kennel Club danois est encore plus direct : le Broholmer est vigilant et peut se présenter avec une grande assurance, mais il est en général amical, y compris envers les étrangers. La méfiance envers les inconnus n'est donc pas la norme de la race : c'est ce dont il faut la distinguer. La race exclut de la reproduction aussi bien l'agressivité que la crainte excessive.
Une autre idée reçue mérite d'être retournée. Le DKK évoque bien la nécessité d'un cadre clair de la part du maître — et il en donne aussitôt la raison : à cause de la taille du chien, non de son tempérament. C'est une consigne très différente de la « main ferme pour race dominante ». La suite du même texte le confirme : le Broholmer est coopératif et peut tout apprendre, à condition que la méthode repose sur l'envie, la bienveillance et la confiance.
La race est attachée à son territoire et ne vagabonde pas sans raison ; elle se déplace volontiers, mais le plus souvent d'un pas posé. C'est un compagnon patient, qui se sent bien lorsqu'il peut surveiller toute la famille d'un seul regard — et qui a donc besoin d'une vraie vie sociale auprès des humains, pas d'un chenil au fond du jardin. Il est plus maniable et moins enclin aux décisions autonomes que les gardiens de troupeaux classiques comme le Berger du Caucase.
Reste un point que le club ne cache pas. Le test de comportement obligatoire (mentalbeskrivelse) a permis d'établir un profil de race sur des décennies, et la comparaison entre le résultat moyen et le profil idéal fait apparaître deux écarts : la race manque de curiosité et présente trop de peur. Le club en fait explicitement un objectif d'élevage. On connaît par ailleurs certaines lignées où les chiens apparentés se montrent agités, hyperactifs et bruyants, et se stressent facilement — un comportement qui se transmet. Chez un chien de ce poids, ce n'est pas acceptable : en l'espace de six mois, en 2017–2018, trois jeunes Broholmers ont été euthanasiés pour des troubles du comportement. Le test n'est donc pas une formalité mais une exigence d'élevage : les deux parents doivent l'avoir passé après l'âge de 10 mois.
Cette connaissance s'appauvrit d'ailleurs, et le club le déplore. Avant 2015, presque tous les Broholmers passaient le test : en 2012, par exemple, 125 tests pour 140 chiots nés. Depuis que l'élevage a été « libéré », le test est surtout passé par ceux qui prévoient une saillie : 71 tests pour 94 chiots en 2015, 66 pour 148 en 2017. Le questionnaire de santé rempli par le vétérinaire du chien a disparu en même temps. Le club tente aujourd'hui de reconstituer le tableau par des enquêtes volontaires, envoyées trois fois dans la vie du chien : à 2 ans, à 5 ans et à 8 ans, âge auquel il est considéré comme vétéran.
Éducation et dressage

La consigne du Kennel Club danois tient en une phrase : varier les exercices, travailler par séquences courtes et récompenser largement. Le Broholmer répond bien aux indications et garde un contact assez étroit avec son maître ; la brutalité est donc inutile et nuisible, car elle détruit précisément le mécanisme de confiance sur lequel tout repose. En cela, il se distingue moins des autres molosses que du mythe qui les entoure : ce qui le rapproche du Mastiff Anglais ou du Dogue Allemand, c'est le gabarit et la lenteur de la maturation, pas un besoin de « chef de meute ».
La socialisation précoce est déterminante, et dans cette race elle a même une portée sélective. Présentez au chiot des personnes, des bruits, des sols, des lieux et des chiens calmes — exactement l'éventail de situations que le test de comportement évaluera plus tard : contact, manipulation, jeu, surprise, bruit, « fantômes », coup de feu. L'objectif n'est pas un « gardien sans peur », mais un chien qui, après avoir sursauté, ose aller vérifier ce qui l'a effrayé et redescend vite en pression.
Avantages et inconvénients de la race

Avantages et inconvénients de la race · 6
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
| Calme et équilibré : le standard exige ce tempérament, et on l'observe réellement dans la race. | Il lui faut de la place : ce n'est pas un chien d'appartement, il a besoin d'un terrain clos. |
| Vigilant sans agressivité : il n'aboie qu'en cas de besoin et reste globalement amical envers les inconnus. | Le gabarit dicte le quotidien : une voiture où il tient, une clinique équipée pour ce poids, une place dans la maison. |
| Très tourné vers la famille : attaché à son territoire, il ne vagabonde pas. | Bave et mue saisonnière : comme chez la plupart des molosses. |
| Patient avec les enfants — à condition qu'on leur apprenne à se comporter avec un grand chien. | Maturation longue : jusqu'à 1,5–2 ans l'effort est strictement dosé, et les escaliers sont à éviter. |
| Entretien du poil simple : poil court, brossage renforcé au printemps et à l'automne. | Race en reconstruction : patrimoine génétique réduit, choix de lignées limité, attente pour un chiot. |
| Santé transparente : les statuts HD, ED et cardiaque sont publics et vérifiables dans la base du DKK. | Pas pour qui ne vérifie rien : il existe des lignées à spondylose, à cryptorchidie et à mentalité instable. |

