Histoire de l'origine de la race
L'histoire de cette race est étroitement liée à celle des Baléares, et plus particulièrement de Majorque. Les ancêtres de ces chiens seraient arrivés avec les colons catalans. Pendant des siècles, ils ont débarrassé écuries, greniers et terres agricoles des rongeurs — d'où le mot « rater » dans leur nom, de rata, le rat, comme le castillan ratero.
Mise au point sur la profondeur historique : aucune archive ne documente cette population au-delà du milieu du XIXe siècle. Une race de ferme ne laisse pas de papiers : elle laisse des chiens.
Face au Ratier Valencien (Gos Rater Valencià), la ressemblance est frappante : une hypothèse courante évoque les migrations valenciennes vers l'île au début du XXe siècle pour la culture du riz, qui auraient amené leurs chasseurs de rongeurs.
Un mot sur les appellations. Ca Rater Mallorquí est le nom en catalan de Majorque, Perro Ratero Mallorquín sa traduction castillane, Ratoner de Mallorca une variante : trois registres, un seul chien. La confusion avec le ratier valencien, en revanche, est une vraie erreur — cousin proche, mais autre race, autre statut.
Apparence et standards de la race

Le Perro Ratero Mallorquín est petit mais robuste : rien d'un « chien jouet ». Corps proportionné, sec, musclé, conçu pour la réaction instantanée. La tête rappelle un cône tronqué, et l'œil est rond, d'une couleur ambre caractéristique.
- Oreilles : Grandes, dressées, fermes, triangulaires et pointues. Elles donnent au chien un air toujours alerte.
- Pelage : Court, lisse, bien collé au corps, sans sous-poil — un détail lourd de conséquences sous nos climats.
- Couleur : La plus courante est le noir et feu (black and tan). Les variations marron et feu sont plus rares. Le tricolore (noir, feu, blanc) est également admis, les taches feu se situant sur la poitrine, le museau et les sourcils.
| Caractéristique | Description du standard |
|---|---|
| Hauteur au garrot | Mâles : 32–36 cm, Femelles : 29–33 cm |
| Poids | 3–5 kg (selon le sexe et la constitution) |
| Espérance de vie | 12–15 ans |
| Pays d'origine | Espagne (Majorque) |
| Fonction | Chasse aux rongeurs, compagnon, gardien |
Précision d'honnêteté : les sources ne s'accordent pas au centimètre près, certaines évoquant un poids « n'excédant pas cinq kilos », d'autres une taille proche de quarante centimètres chez les plus grands mâles. C'est normal pour une population de ferme jamais passée par le rabot d'une sélection d'exposition.
Et la France ? L'histoire d'un chien ratier de ferme
Posons la question frontalement : la France a-t-elle sa propre race de ratier ? La réponse honnête est non. Le groupe 3 de la FCI, celui des terriers, ne compte aucune race d'origine française : la très grande majorité de ses membres est britannique, les rares exceptions étant allemande, tchèque, japonaise, australienne, brésilienne, américaine — et, depuis peu, espagnoles. Un pays qui a donné à la FCI des dizaines de braques, d'épagneuls et de bergers n'a pas placé un seul terrier au catalogue international.
Ce n'est pas un oubli administratif : la niche existait, elle n'a jamais été institutionnalisée. Des chiens ratiers de ferme, la France en a eu partout — dans chaque grange, chaque écurie, un petit chien vif tenait l'emploi du ca rater. On croise dans la littérature populaire des appellations régionales, ratier des Cévennes ou de l'Aveyron, mais aucune ne correspond à un standard publié ni à une inscription au LOF. La sélection était là ; le club et le livre généalogique n'y étaient pas.
Qui a rempli la niche ? Des importations. Le fox-terrier d'abord, dont la variété à poil dur a supplanté celle à poil lisse au début du XXe siècle ; sa popularité a explosé à la fin des années 1920 avec l'arrivée d'un certain Milou dans les aventures de Tintin. Puis le jack russell et le parson russell terrier, et le pinscher nain. D'où la meilleure formule pour un lecteur français : imaginez un jack russell de ferme, en plus léger, plus fin d'ossature et nettement plus bavard.



