Perro Ratero Mallorquín (Ca Rater Mallorquí)

By tvaryny
·
11 Min Read
En bref Un minuscule ratier majorquin plein d’énergie au cœur courageux : vif, agile, dévoué et vigilant. Le ca rater mallorquí (perro ratero) est une petite race baléare élevée pour chasser les rats dans les marais et les fermes ; un compagnon énergique et affectueux et une excellente « sonnette » qui franchit aisément murs et terriers.
AppartementEnfantsChats ⚠Autres chiensDébutants
Paramètres
Taille29–36 cm
Poids3–5 kg
Espérance de vie12–15 ans
Groupe FCInon reconnue par la FCI (ratier baléare)
OrigineEspagne (Majorque)
Taille
Hauteur au garrot 29–36 cmPoids 3–5 kg
Évaluations · 12 · Dataset
FamilleEnfantsDébutantsDressageÉnergieSantéMueBaveAboiementAppartem.ClimatInstinct.
Notes exactes
Famille4.5
Enfants3.5
Débutants3.5
Dressage3.5
Énergie4.0
Santé4.0
Mue2.0
Bave1.0
Aboiement3.5
Appartement4.0
Climat2.5
Instinct chasse4.0
Problèmes de santé
  • Une race robuste et endurante dans l’ensemble
  • Luxation de la rotule
  • Maladies dentaires (petite gueule)
  • Blessures dues à ses sauts et à son audace
  • Sensibilité au froid (à poil court)
Alimentation

De petites portions d’un aliment de qualité pour petites races actives et un contrôle du poids. Soin dentaire ; l’hiver, le protéger du froid en raison de son poil court.

Le Perro Ratero Mallorquín, ou Ca Rater Mallorquí (Majorca Ratter), n’est pas un petit chien de canapé : c’est un ouvrier. Quatre kilos de muscles, de nerf et de mémoire de métier, sélectionnés pour un seul travail — débusquer le rat là où aucun autre chien ne se glisse. Apprenez-en davantage sur Tvaryny.

Disons-le d’emblée, car c’est là que la plupart des articles se trompent : ce chien n’est pas un gardien de troupeau miniature, il n’a pas de numéro de standard FCI, et il n’est pas un terrier britannique déguisé.

L’essentiel en trente secondes
Point cléCe qu’il faut savoir
Métier d’origineRatier de ferme — ni berger, ni gardien de troupeau
Statut FCINon reconnue. Aucun numéro de standard n’existe
Papiers réelsStandard publié au bulletin officiel des Baléares, livre généalogique tenu par le club de race
En FranceChien non-LOF, sans club de race français à ce jour
FormatEnviron 4 kg, poil ras, sans sous-poil
Vigilance n°1La voix : l’aboiement est une qualité de travail sélectionnée
Vigilance n°2Le froid : la vie au chenil extérieur est exclue sous nos latitudes
Histoire de l’origine de la race

L’histoire de cette race est étroitement liée à celle des Baléares, et plus particulièrement de Majorque. Les ancêtres de ces chiens seraient arrivés avec les colons catalans. Pendant des siècles, ils ont débarrassé écuries, greniers et terres agricoles des rongeurs — d’où le mot « rater » dans leur nom, de rata, le rat, comme le castillan ratero.

Mise au point sur la profondeur historique : aucune archive ne documente cette population au-delà du milieu du XIXe siècle. Une race de ferme ne laisse pas de papiers : elle laisse des chiens.

Face au Ratier Valencien (Gos Rater Valencià), la ressemblance est frappante : une hypothèse courante évoque les migrations valenciennes vers l’île au début du XXe siècle pour la culture du riz, qui auraient amené leurs chasseurs de rongeurs.

Un mot sur les appellations. Ca Rater Mallorquí est le nom en catalan de Majorque, Perro Ratero Mallorquín sa traduction castillane, Ratoner de Mallorca une variante : trois registres, un seul chien. La confusion avec le ratier valencien, en revanche, est une vraie erreur — cousin proche, mais autre race, autre statut.

Le statut de la race : des papiers, oui — mais pas ceux de la FCI

C’est le point le plus mal traité sur le web francophone. La formule à retenir : le ca rater a des papiers, ce ne sont simplement pas des papiers FCI.

Ce qui existe. Le standard a été publié au Butlletí Oficial de les Illes Balears le 28 décembre 2002 ; un mois plus tôt, une résolution du 21 novembre 2002 confiait le livre généalogique au club. Côté État espagnol, la reconnaissance relève d’un cadre agricole fondé sur le Real Decreto 558/2001. On lit souvent que les sources hésitent entre 2003 et 2004 : ce sont deux étapes d’un même processus — accord du comité le 22 avril 2003, Orden APA/807/2004 signée le 24 mars 2004 et publiée au journal officiel espagnol le 30 mars.

Détail lourd de sens : dans cet arrêté, le ca rater et le ratier valencien sont entrés à l’annexe officielle le même jour, dans le même document. Ajoutons un texte qui nomme la race noir sur blanc : la loi baléare 6/2006 sur la chasse, dont l’article 34.5 impose aux pouvoirs publics de favoriser la conservation des races cynégétiques locales — le ca eivissenc, le ca mè et le ca rater. Peu de races non reconnues par la FCI sont nommées dans une loi en vigueur.

Ce qui n’existe pas. Aucun numéro de standard FCI : si un site ou une annonce vous en cite un, c’est une invention, ou une confusion avec l’un des deux ratiers espagnols reconnus. Méfiez-vous aussi d’une affirmation répandue sur les agrégateurs : la Real Sociedad Canina de España n’a pas reconnu le ca rater ; sur son site, il figure dans une rubrique distincte, du type « autres races / en cours de récupération ». Si cette porte reste fermée, c’est que le club a choisi de la fermer — passer sous le parapluie de la fédération espagnole supposait de lui céder le livre généalogique.

Le club : CEPRAM, Montuïri, et la question française

Le Club del Ca Rater Mallorquí, connu sous le sigle CEPRAM, a été fondé en 1990 et reconnu en 2002 comme groupement d’éleveurs de chiens de race pure. C’est lui qui tient le livre généalogique. Son siège est à Montuïri, où il organise depuis 1990 des rassemblements devenus une tradition locale. Il annonce environ un millier de chiens inscrits et quelque cent cinquante chiots par an.

Le point que le lecteur français attend, et la réponse honnête. Il se dit ici et là que le club disposerait d’une antenne en France. Nous avons cherché à le vérifier : ni les pages du club, dans ses versions espagnole et anglaise, ni les notices encyclopédiques de référence ne mentionnent la moindre délégation étrangère, et la liste d’éleveurs publiée ne comporte que des contacts majorquins. Nous ne pouvons donc pas confirmer l’existence d’un relais officiel du CEPRAM en France.

Ca rater et LOF : ce que « non-LOF » veut dire en France

Voilà le cœur du sujet pour un lecteur français, et il n’est presque jamais traité. En France, la cynophilie officielle a un seul interlocuteur : la Société Centrale Canine (SCC). Fondée en 1881, reconnue établissement d’utilité publique par un décret du 28 avril 1914, elle compte parmi les membres fondateurs de la FCI en 1911 et en demeure l’unique représentante pour la France. C’est à elle que l’État a confié la gestion du Livre des Origines Français.

La conséquence est mécanique : une race non reconnue par la FCI n’a pas de rubrique au LOF. La case n’a jamais été créée. Les trois voies d’entrée méritent d’être connues, ne serait-ce que pour voir où elles se referment :

  • Le titre initial permet à un chien sans origines connues d’entrer au LOF, si le livre de sa race est ouvert et qu’il passe l’examen de confirmation. Encore faut-il que la race existe au LOF.
  • Le livre d’attente est un registre prévu pour certaines races dont le livre est fermé : le chien doit être jugé apte à la confirmation lors d’une manifestation de la SCC et subir les mêmes tests que les titres initiaux ; après trois générations inscrites, les chiots issus de ce pedigree rejoignent le LOF. Mécanisme réservé à des races déjà identifiées par la SCC.
  • L’importation concerne un chien confirmé en France et déjà inscrit à un livre généalogique étranger reconnu par la SCC. C’est là que tout se bloque : le livre du club majorquin ne relève d’aucun membre de la FCI.

Pour mesurer ce à quoi votre chien n’aura pas accès : la Centrale Canine a enregistré en 2024 plus de deux cent cinq mille naissances, sur cent quatre-vingt-douze races. Cent quatre-vingt-douze portes ouvertes — et pas une pour le ratier majorquin.

Non-LOF ne veut pas dire « chien dangereux »

En France, « non-LOF » a une résonance juridique qui inquiète beaucoup de futurs propriétaires. La loi n° 99-5 du 6 janvier 1999, relative aux animaux dangereux et errants, a créé deux catégories de chiens.

CatégorieDéfinitionLe ca rater est-il concerné ?
1re — chiens d’attaqueChiens non inscrits au LOF assimilables par leurs caractéristiques morphologiques aux types staffordshire terrier, american staffordshire terrier, mastiff ou tosaNon. Le critère est morphologique, et quatre kilos ne ressemblent à rien de tout cela
2e — chiens de garde et de défenseChiens inscrits au LOF appartenant aux races staffordshire terrier, american staffordshire terrier, rottweiler ou tosaNon. La liste est nominative et fermée
Formalité associéePermis de détention délivré par la mairie, obligatoire depuis le 1er janvier 2010 pour les catégories 1 et 2Sans objet pour cette race

Ce tableau éclaire une subtilité rarement expliquée : en première catégorie, c’est précisément l’absence de LOF qui déclenche le classement, combinée à une ressemblance morphologique. La loi ne sanctionne pas l’absence de papiers — elle s’en sert pour attraper des types précis. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage ; ici, il n’y a rien à noyer. Les vraies conséquences sont ailleurs : pas de pedigree français, pas d’expositions officielles, pas de club de race, aucun recours en cas de litige sur les origines.

Apparence et standards de la race
Perro Ratero Mallorquín (Ca Rater Mallorquí)

Le Perro Ratero Mallorquín est petit mais robuste : rien d’un « chien jouet ». Corps proportionné, sec, musclé, conçu pour la réaction instantanée. La tête rappelle un cône tronqué, et l’œil est rond, d’une couleur ambre caractéristique.

  • Oreilles : Grandes, dressées, fermes, triangulaires et pointues. Elles donnent au chien un air toujours alerte.
  • Pelage : Court, lisse, bien collé au corps, sans sous-poil — un détail lourd de conséquences sous nos climats.
  • Couleur : La plus courante est le noir et feu (black and tan). Les variations marron et feu sont plus rares. Le tricolore (noir, feu, blanc) est également admis, les taches feu se situant sur la poitrine, le museau et les sourcils.
CaractéristiqueDescription du standard
Hauteur au garrotMâles : 32-36 cm, Femelles : 29-33 cm
Poids3 – 5 kg (selon le sexe et la constitution)
Espérance de vie12-15 ans
Pays d’origineEspagne (Majorque)
FonctionChasse aux rongeurs, compagnon, gardien

Précision d’honnêteté : les sources ne s’accordent pas au centimètre près, certaines évoquant un poids « n’excédant pas cinq kilos », d’autres une taille proche de quarante centimètres chez les plus grands mâles. C’est normal pour une population de ferme jamais passée par le rabot d’une sélection d’exposition.

La queue : bobtail naturel, caudectomie et l’exception française

Chapitre qui concerne cette race de plein fouet, et où la France se distingue nettement de l’Espagne. Chez le ca rater, environ un chiot sur cinq naît sans queue ou avec une queue rudimentaire : un bobtail naturel, héréditaire. Historiquement, les autres étaient écourtés systématiquement — le prototype racial validé par l’État espagnol en 2004 décrit encore cet usage. Retenez donc : naître sans queue et être écourté ne sont pas la même chose. Les deux pays ont signé la même Convention européenne du 13 novembre 1987, mais pas de la même manière.

FranceEspagne
Coupe des oreillesInterdite (article R214-21 du code rural)Interdite
Coupe de la queueToujours légale : réserve maintenue sur cette dispositionInterdite : convention ratifiée sans réserve sur ce point
Texte de référenceDécret n° 2004-416 du 11 mai 2004Instrument de ratification en vigueur depuis le 1er février 2018

Autrement dit : un éleveur majorquin n’a plus le droit d’écourter ses chiots depuis 2018, alors qu’un vétérinaire français le pourrait encore légalement. Cette singularité, régulièrement contestée, a fait l’objet de questions écrites à l’Assemblée nationale. La cynophilie française avance pourtant dans l’autre sens : la SCC a cessé de reconnaître les queues écourtées pour le rottweiler et le cane corso nés après 2019, puis pour sept races de plus en 2020.

Tempérament, caractère et instinct de chasse
Perro Ratero Mallorquín (Ca Rater Mallorquí) — Tempérament et caractère du Perro Ratero Mallorquín

Si vous pensez que petite taille rime avec timidité, ce chien dissipera vite le mythe. Il a de la personnalité — et, en bon français, il a du chien. À la maison, ils sont incroyablement affectueux et choisissent souvent une personne qu’ils considèrent comme la leur ; dès le seuil franchi, le mode « chasseur » s’active. Ce trait le rapproche d’un autre ratier ibérique, le Ratier Andalou, également connu pour sa vigilance malgré un gabarit modeste.

Un mot sur l’autonomie de décision, clé de tout ce qui suit. Ce chien a été sélectionné pour travailler seul, sans ordres, souvent dans le noir, face à un adversaire qui se défend et qui mord : à bon chat, bon rat. Un chien qui aurait attendu la permission de son maître n’aurait jamais fait un ratier ; cette indépendance est le produit direct de la sélection, pas un défaut d’éducation.

L’instinct de poursuite, surtout, se déclenche plus vite que n’importe quel ordre : un pigeon, un écureuil, un mulot dans un fossé, et le chien bascule en prédation avant que le mot « stop » ait quitté vos lèvres. Son dynamisme rappelle celui du Patterdale Terrier. La conséquence tient en une phrase : avec cette race, on gère l’environnement autant que le chien.

Le métier : le ratier de possessió et son binôme

Pour comprendre ce chien, représentez-vous la possessió, la grande ferme majorquine : grenier à grains, écurie, moulin à huile, murets de pierre sèche. Un écosystème à rongeurs. Le ratier y était lâché sous les planchers, entre les sacs, dans les interstices des murs — sa petitesse n’était pas un charme, c’était un cahier des charges. Un chien plus gros ne passe pas. Le rat, lui, se retourne et il mord : la sélection a porté sur le cran et la décision solitaire, souvent entre chien et loup.

Le rat n’était pas son unique client : le ratier majorquin est aussi employé sur le lapin, le lièvre, le hérisson et jusqu’aux grives. Sa technique sur le lapin porte un nom local, buidar — « vider » : il fouille le couvert et en expulse le gibier vers les chasseurs, exactement l’inverse d’un podenco. Détail révélateur : les chasseurs préféraient les sujets tricolores, car dans le maquis un petit chien noir et feu se confond avec un lapin. La nuit, tous les chats sont gris.

Reste l’organisation du travail qu’on oublie toujours de mentionner. Le ratier ne travaillait pas seul : il formait un binôme avec le ca de bestiar, le grand berger noir de l’île. Au grand, la dissuasion ; au petit, l’alerte — il signalait quiconque approchait bien avant que le gros ne bouge. D’où une relecture décisive : l’aboiement du ca rater n’est pas un caprice, c’est un rapport de service. On peut le canaliser ; on ne le supprimera pas.

Les quatre races de Majorque : une leçon de sélection
Race majorquineFonctionStatut FCI
Ca de bou (dogue de Majorque)Molosse, chien de priseReconnu — standard FCI n° 249, reconnaissance définitive en 1963
Ca de bestiar (berger majorquin)Conduite et garde du troupeauReconnu — standard FCI n° 321, groupe 1
Ca mè mallorquí (braque de Majorque)Chien d’arrêtNon reconnu par la FCI
Ca rater mallorquíRatier de fermeNon reconnu par la FCI

Une île, quatre races — et la régularité saute aux yeux : Majorque a fait reconnaître ses grands chiens spectaculaires et laissé de côté ses deux races de travail utilitaires. Les chiens qui font de belles photos en exposition ont toujours voyagé plus vite que ceux qui travaillent dans une grange.

Ce que dit la génétique : ni terrier britannique, ni hasard

On lit partout que le ca rater descendrait de terriers britanniques importés. C’est plausible à l’œil : oreilles droites, robe noir et feu, format compact, tempérament vif. Sauf qu’une étude de 2022, fondée sur des marqueurs microsatellites et soixante-dix-sept échantillons de poils prélevés à Majorque, n’a pas retrouvé d’apparentement avec les terriers. C’est un cas de convergence : deux populations soumises au même cahier des charges se ressemblent sans ancêtre commun récent. La même étude a en revanche confirmé la proximité avec le ratier valencien. Les chiens ne font pas des chats.

Indicateur (étude 2022)ValeurLecture
Hétérozygotie attendue (He)0,685Diversité génétique correcte pour une population insulaire
Hétérozygotie observée (Ho)0,655Cohérente avec la précédente
Coefficient de consanguinité (FIS)0,044Consanguinité maîtrisée — un très bon point
Nombre moyen d’allèles6,61Variabilité réelle sur les marqueurs étudiés
Nombre d’allèles efficaces3,58Écart classique avec la valeur brute
Effectif du registre analysé363 animaux, dont 146 fondateursBase de fondation large, mais socle restreint

Le vrai signal d’alarme n’est pas dans ces indices, plutôt honorables, mais dans la démographie : les auteurs constatent une diminution constante des naissances depuis 2011 et concluent à la nécessité d’un programme de conservation.

Combien de ca rater existe-t-il ? Personne ne le sait précisément, car les sources ne comptent pas la même chose : le club annonce plus d’un millier de chiens inscrits, la presse cynophile espagnole deux mille quarante et un avec une population réelle estimée au double, l’étude génétique trois cent soixante-trois. On peut affirmer ceci : la race n’est pas au bord de l’extinction et se compte en milliers, pas en dizaines de milliers.

Trois ratiers ibériques face à face
Ca rater mallorquíGos rater valenciàRatonero bodeguero andaluz
Statut FCINon reconnuStandard n° 370Standard n° 371
Date du standard en vigueurStandard baléare de 200221 juin 20223 septembre 2024
Groupe FCIGroupe 3 (terriers), section 1Groupe 3 (terriers), section 1
Épreuve de travailSans épreuve de travailÉpreuve de travail facultative
Taille des mâles32-36 cm30-40 cm (idéal 36)37-43 cm (idéal 40)
Poids3-5 kg4-8 kgMâles 10-12 kg, femelles 8-10 kg
Autres nomsPerro ratero mallorquín, ratoner de MallorcaRateret, fusterrierTerrier andalou, terrier de Xérès

Deux enseignements. D’abord, le ca rater est nettement le plus petit des trois : signature d’un métier différent, car les greniers et murets majorquins imposaient un gabarit que les chais andalous n’exigeaient pas. Ensuite, le ratier andalou descend bel et bien de lignées de fox-terriers à poil lisse importées par les négociants du vin de Xérès, sa robe blanche ayant été retenue pour la visibilité dans l’obscurité des caves. Ce que la génétique n’a pas confirmé chez le Majorquin est documenté chez l’Andalou.

Reste le plus instructif. Le ratier majorquin et le valencien étaient entrés à l’annexe officielle espagnole le même jour de 2004. Le valencien a rejoint la FCI en 2022, l’andalou est devenu la quatorzième race espagnole reconnue en 2024 — et le Majorquin est resté seul sur le quai. Le statut n’a rien d’éternel : la porte reste fermée non par fatalité, mais par la décision de son propre club. Détail qui amuse : la FCI a rebaptisé les deux autres du côté du mot « terrier », que la génétique conteste précisément chez le Majorquin.

Et la France ? L’histoire d’un chien ratier de ferme

Posons la question frontalement : la France a-t-elle sa propre race de ratier ? La réponse honnête est non. Le groupe 3 de la FCI, celui des terriers, ne compte aucune race d’origine française : la très grande majorité de ses membres est britannique, les rares exceptions étant allemande, tchèque, japonaise, australienne, brésilienne, américaine — et, depuis peu, espagnoles. Un pays qui a donné à la FCI des dizaines de braques, d’épagneuls et de bergers n’a pas placé un seul terrier au catalogue international.

Ce n’est pas un oubli administratif : la niche existait, elle n’a jamais été institutionnalisée. Des chiens ratiers de ferme, la France en a eu partout — dans chaque grange, chaque écurie, un petit chien vif tenait l’emploi du ca rater. On croise dans la littérature populaire des appellations régionales, ratier des Cévennes ou de l’Aveyron, mais aucune ne correspond à un standard publié ni à une inscription au LOF. La sélection était là ; le club et le livre généalogique n’y étaient pas.

Qui a rempli la niche ? Des importations. Le fox-terrier d’abord, dont la variété à poil dur a supplanté celle à poil lisse au début du XXe siècle ; sa popularité a explosé à la fin des années 1920 avec l’arrivée d’un certain Milou dans les aventures de Tintin. Puis le jack russell et le parson russell terrier, et le pinscher nain. D’où la meilleure formule pour un lecteur français : imaginez un jack russell de ferme, en plus léger, plus fin d’ossature et nettement plus bavard.

Les rongeurs d’aujourd’hui en France : ragondin, rat musqué, surmulot

Ce chien a-t-il encore un métier chez nous ? La réponse passe par le droit de l’environnement. Le ragondin et le rat musqué sont classés parmi les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD), dans le groupe des espèces non indigènes fixé par l’arrêté ministériel du 2 septembre 2016 : régulation toute l’année, par tir ou piégeage, la pose de pièges-cages supposant une déclaration annuelle en mairie. Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs : un ratier de quatre kilos n’est pas un outil contre le ragondin. Son domaine, c’est le surmulot du bâti agricole.

Un mot enfin sur ce que le droit français n’offre pas à ce chien. La vénerie sous terre est encadrée par l’arrêté du 18 mars 1982 relatif à l’exercice de la vénerie : équipage d’au moins trois chiens dressés à la voie du renard et du blaireau, identification par tatouage, remise en état du chantier sous vingt-quatre heures, et interdiction expresse des championnats et concours. La France encadre donc le travail au terrier des chiens moyens, mais n’a organisé aucune discipline autour de la dératerie. Il faudra l’occuper autrement.

Entretien et soins
Perro Ratero Mallorquín (Ca Rater Mallorquí) — Entretien et soins

L’entretien est simple : le poil court ne demande ni toilettage complexe ni épilation, un gant une fois par semaine suffit. Deux postes méritent en revanche une vraie attention. Les dents : petite mâchoire signifie dents serrées, tartre rapide et parodontopathies fréquentes — un brossage régulier dès le jeune âge est un investissement de longévité. Les griffes ensuite, chez un chien qui creuse volontiers.

Nuances des soins en hiver :

  • Le port d’un vêtement chaud (combinaison ou pull) est indispensable, pas décoratif.
  • Réduction de la durée des promenades par grand froid, quitte à les fractionner dans la journée.
  • Protection des coussinets contre le sel de déneigement, et rinçage des pattes au retour.
  • Séchage complet après une sortie sous la pluie : sans sous-poil, ce chien ne « ressuie » pas tout seul.
De Majorque à la France : l’inversion climatique

Prenez ce chapitre au sérieux : c’est le point où un propriétaire mal informé fait le plus de dégâts. Le ca rater s’est formé sous un climat méditerranéen insulaire, et sa physiologie en porte la trace : quatre kilos, un poil ras sans sous-poil, pratiquement aucune réserve de graisse. La vie en extérieur permanente est donc exclue en France, sur tout le territoire. Ni chenil, ni niche, ni « il dort dans la grange » — à Majorque même, il dormait au chaud.

Contexte françaisCe que cela change
Midi méditerranéen, Corse, littoral atlantique douxLe plus proche de son milieu d’origine. Hivers gérables avec un manteau ; surveiller l’humidité et le vent
Moitié nord, Bassin parisien, façade MancheLe couple froid + humidité est plus éprouvant que le froid sec. Vêtement systématique, sorties fractionnées
Est, montagne, plateaux d’altitudeSorties courtes en période de gel, vigilance sur les coussinets, aucune exposition prolongée
Été partout en FranceIl encaisse la chaleur mieux que la plupart des races nordiques ou brachycéphales — c’est son terrain

Le corollaire est plus agréable : là où un berger à sous-poil épais souffre en juillet, le ratier majorquin attend l’ombre et repart. Pour qui vit dans le Sud, c’est un vrai argument.

Dressage et éducation : une approche personnalisée
Perro Ratero Mallorquín (Ca Rater Mallorquí) — Dressage et éducation: une approche personnalisée

Ces chiens sont intelligents mais têtus, et les méthodes autoritaires produisent ici un chien qui se ferme, pas un chien qui obéit. Le Majorquin doit comprendre pourquoi il exécute un ordre : renforcement positif, séances courtes et fréquentes. Si l’Otterhound (Chien de loutre) est un grand pisteur endurant conçu pour l’eau, le Perro Ratero Mallorquín est un sprinteur de terre ferme : l’entraînement porte sur le freinage des réactions. Apprendre à ne pas partir compte ici plus qu’apprendre à partir.

Type d’activitéFréquence recommandéeNote
Promenades2-3 fois par jourMinimum 45 minutes de mouvement actif
Agility / Sport1-2 fois par semaineIdéal pour la dépense mentale
Jeux de pistageQuotidiennement à la maisonAide à satisfaire l’instinct de chasse

Trois chantiers structurent l’éducation : le contrôle de l’aboiement (un signal de fin, jamais de punition sur la première alerte), l’apprentissage de la solitude, et surtout le rappel. Sur ce dernier, soyons clairs : chez un chien sélectionné pour engager seul, le rappel parfait en présence de gibier est un objectif, pas une garantie. Trois piliers fonctionnent — la longe de cinq à dix mètres en milieu non clos, une récompense de très haute valeur, et l’anticipation : rappeler avant que le chien ne verrouille sur la cible.

Santé et particularités génétiques
Perro Ratero Mallorquín (Ca Rater Mallorquí) — Santé et particularités génétiques

Le Perro Ratero Mallorquín est une race aborigène formée par une sélection naturelle rigoureuse, d’où une réputation de robustesse méritée. Posons toutefois la nuance que la plupart des fiches passent sous silence :personne n’a étudié systématiquement cette race, aussi n’existe-t-il pas pour elle de liste de maladies héréditaires : c’est une lacune dans les données, pas un certificat de santé. La race est considérée comme résistante, mais elle a ses propres prédispositions, indiquées ci-dessous. Les raisons de la croire solide restent réelles : mode de vie de travail, aucune exagération morphologique, consanguinité basse.

Point de surveillancePourquoi chez cette raceÀ quel rythme
Luxation médiale de la rotuleProblème classique de toutes les petites racesPalpation à chaque visite annuelle
Santé bucco-dentaireMâchoire réduite, dents serrées, tartre rapideBrossage régulier, contrôle annuel
PoidsExcellent appétit, métabolisme qui ralentit avec l’âgePesée trimestrielle
TraumatismesSauts, chutes et audace disproportionnée au gabaritVigilance permanente
Sensibilité au froidPoil ras sans sous-poilToute la mauvaise saison

Un mot sur les posologies : ce chien est petit et sec, et la précision du dosage y compte davantage que chez un chien de trente kilos. Mieux vaut annoncer à son vétérinaire qu’il s’agit d’une race rare et légère.

Les maladies du métier : les zoonoses du ratier

La leptospirose est le sujet numéro un. Cette zoonose bactérienne a le rat pour réservoir principal : le sérogroupe Icterohaemorrhagiae, responsable des formes les plus graves, a le rat pour hôte de prédilection — une étude menée à Lyon a montré que parmi les surmulots porteurs, une très large majorité l’hébergeait. La contamination ne passe pas que par la morsure : l’urine des rongeurs souille l’eau stagnante, la boue et la terre. Un chien qui fouille les fossés et les tas de fumier coche toutes les cases.

En France, la vaccination est la réponse standard, et elle a évolué. Les vaccins dits L4, employés par la grande majorité des vétérinaires français, couvrent quatre sérogroupes — Canicola, Icterohaemorrhagiae, Australis et Grippotyphosa — là où les anciennes formules n’en couvraient que deux, en réponse à la remontée de sérogroupes émergents depuis les années 2000. La question n’est donc pas de savoir s’il faut vacciner, mais quelle valence et quel rythme de rappel.

Et la rage ? Particularité française rassurante : la France est officiellement indemne de rage depuis 2001, et la vaccination antirabique n’est donc pas obligatoire pour un chien qui reste en métropole. Elle le devient pour voyager à l’étranger — avec le passeport européen —, pour les chiens catégorisés, et parce que de nombreuses pensions l’exigent. Les parasites, enfin : un chien qui mordille ses proies s’expose aux vers, et sa vermifugation doit être plus soutenue que celle d’un chien urbain. S’y ajoutent les tiques.

Raticides : le danger le plus sournois

Si vous ne deviez retenir qu’un avertissement de tout cet article, ce serait celui-ci. Le risque majeur pour un chien ratier n’est pas le rat : c’est le poison destiné au rat. En France, les rodenticides anticoagulants sont la deuxième cause d’empoisonnement du chien, derrière les insecticides.

Le mécanisme est commun à ces molécules : elles bloquent les facteurs de coagulation dépendants de la vitamine K1, provoquant des hémorragies internes. Voici le piège, qui fait aussi leur efficacité — la mort survient plusieurs jours après l’ingestion, pour que le rat ne fasse pas le lien entre l’appât et le mal. Le chien peut donc avaler un rat empoisonné, se porter parfaitement bien plusieurs jours, puis s’effondrer sans signe avant-coureur. C’est l’intoxication secondaire : chez un ratier, les rongeurs les plus faciles à prendre sont les plus dangereux.

Point de réglementation utile : depuis le 1er mars 2018, les formulations les plus concentrées sont réservées aux professionnels, les moins dosées restant accessibles à tous. Traduction concrète : les appâts déposés près de chez vous existent en plusieurs concentrations, et vous ne savez pas laquelle a été utilisée.

  • Ne jamais attendre l’apparition de symptômes. Un chien qui a mangé un rongeur là où une dératisation a eu lieu justifie un appel vétérinaire immédiat, même s’il pète la forme.
  • Signalez le contexte, pas seulement le symptôme : « il a attrapé un rat près du local poubelles » oriente immédiatement le diagnostic. Un antidote existe — la vitamine K1 — mais encore faut-il y penser à temps.
  • Repérez les postes d’appâtage autour de votre logement et des locaux poubelles, et adaptez vos itinéraires.
  • Prévenez les voisins agriculteurs : la plupart adapteront leur pratique s’ils savent que votre chien prend du rongeur.
Alimentation : comment ne pas suralimenter l’athlète
Perro Ratero Mallorquín (Ca Rater Mallorquí) — Alimentation: comment ne pas suralimenter l'athlète

Les Majorquins ont un excellent appétit. Leur hyperactivité entretient un métabolisme rapide, mais dès que l’activité baisse — hiver, stérilisation, âge — ils prennent du poids à toute allure. L’obésité est ici critique : elle charge des membres fins, des rotules exposées et le cœur. Privilégiez un aliment formulé pour petites races à forte activité, en croquettes de petit calibre, et pesez la ration au lieu de la servir à l’œil.

Deux réflexes valent de l’or. Défalquer les friandises de la ration : chez un chien de quatre kilos, quelques récompenses de dressage pèsent lourd. Et utiliser la gamelle comme outil d’occupation — tapis de fouille, jouets distributeurs. Un ratier qui s’ennuie est un ratier qui aboie.

Appartement, chats et cohabitation : la vérité sans fard

Sur le papier, tout plaide pour l’appartement : quatre kilos, poil ras, pas d’odeur marquée. Dans les faits, la question n’est pas la surface du logement mais l’épaisseur des murs et la tolérance des voisins : chaque pas dans la cage d’escalier, chaque livreur est un événement à signaler. Cela se travaille, mais ne disparaît pas. Ce chien tient dans un studio à condition de ne pas y rester : deux à trois sorties actives quotidiennes plus une occupation mentale sont le seuil en dessous duquel les problèmes apparaissent.

Vient ensuite le chapitre où il faut être le plus honnête, parce que les erreurs y sont irréversibles. Un hamster, un chinchilla, un lapin nain, un oiseau en cage : pour un ca rater, ce ne sont pas des colocataires, c’est sa proie de spécialité. Le débat n’est pas éducatif, il est architectural — portes fermées, cages hors de portée, aucune sortie de rongeur en présence du chien.

Les chats méritent une réponse plus nuancée. Chiot et chaton élevés ensemble : cela fonctionne très bien la plupart du temps. Imposer un chat à un chien adulte, ou l’inverse : c’est une loterie, qui exige une introduction longue et des refuges en hauteur. Le paramètre décisif reste le comportement du chat — celui qui fuit déclenche le réflexe de poursuite. Avec ses congénères, ce chien est plutôt sociable ; la vigilance porte sur son absence totale de complexe face à un molosse.

Avantages et inconvénients de la race
Perro Ratero Mallorquín (Ca Rater Mallorquí) — Avantages et inconvénients de la race
Avantages (+)Inconvénients (-)
Compacité : Idéal pour la vie en appartement et les voyages.Sonore : Aiment aboyer, parfois sans raison sérieuse.
Rusticité : Pas d’exagération morphologique, une réputation de solidité méritée.Nervosité : Nécessitent une socialisation précoce, sinon ils peuvent devenir craintifs ou réactifs.
Qualités de guetteur : Avertira toujours de l’arrivée d’un visiteur.Frileux : Ne conviennent pas à la vie en extérieur sous nos climats.
Facilité d’entretien : Le pelage ne demande aucun effort.Pulsion de chasse : Peuvent s’enfuir après une proie.
Chaleur estivale : Supporte l’été mieux que la plupart des races.Non-LOF en France : Aucun pedigree français possible, aucun club de race.
Acquérir un ca rater mallorquí en France : la marche à suivre
  1. Passer par le club majorquin. Faute de relais français confirmé, c’est la voie fiable : le club tient le livre généalogique et publie la liste de ses éleveurs. Demandez systématiquement l’inscription des parents à ce registre.
  2. Signer le certificat d’engagement et de connaissance. Issu de la loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale et obligatoire depuis le 1er octobre 2022, il doit être signé sept jours avant la cession, le cédant étant tenu de vérifier ce délai. Il vise les acquisitions impulsives — pour une race rare et exigeante, ces sept jours sont une bonne chose.
  3. Vérifier l’identification. L’article L212-10 du code rural impose l’identification du chien avant l’âge de quatre mois, et de toute façon avant toute cession. Les données sont enregistrées au fichier national I-CAD, et détenir un chien non identifié né après le 1er janvier 2012 est passible d’une contravention.
  4. Contrôler le passeport européen et le volet rage, obligatoires pour tout mouvement entre États membres.
  5. Se méfier des annonces trop simples. Un vendeur qui parle de « pedigree LOF » pour cette race, qui cite un numéro de standard FCI ou qui confond ratier majorquin et ratier valencien ne sait pas de quoi il parle. Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant d’avoir vérifié le registre.

Dernier conseil, et il n’est pas anodin : en France, la voie la plus réaliste passe souvent par le sauvetage. Il existe chez nous un tissu associatif dense spécialisé dans le rapatriement de chiens d’Espagne — historiquement les galgos et podencos abandonnés après la saison de chasse et voués aux perreras, mais aussi, dans les mêmes convois, quantité de petits chiens de type ratier et bodeguero. Un ratier adulte y arrive souvent étiqueté « croisé terrier » faute de mieux — et un caractère déjà lisible vaut mieux qu’un chiot importé à l’aveugle.

Faits intéressants sur la race
  1. À Majorque, cette race est encore utilisée aujourd’hui pour sa fonction première dans les fermes, ainsi que pour la chasse au lapin.
  2. Malgré une ressemblance frappante avec les terriers britanniques, l’analyse génétique n’a pas retrouvé cet apparentement : c’est un cas d’école de convergence évolutive.
  3. Environ un chiot sur cinq naît sans queue ou avec une queue rudimentaire — un bobtail naturel, indépendant de toute intervention chirurgicale.
  4. Les chasseurs majorquins ont longtemps préféré les sujets tricolores, non par esthétisme mais pour ne pas confondre le chien avec un lapin dans le maquis.
  5. La loi baléare sur la chasse cite la race nommément parmi les races cynégétiques locales à conserver.
  6. Sur les quatre races canines de Majorque, seules les deux plus grandes ont obtenu la reconnaissance internationale.
  7. Le club de race organise depuis 1990 des rassemblements à Montuïri, devenus un rendez-vous traditionnel de l’île.
  8. Ils n’ont pas l’odeur typique de « chien mouillé », ce qui en fait des colocataires agréables.
Questions fréquentes sur la race (FAQ)

Puis-je inscrire mon ca rater mallorquí au LOF ?

Non. Le LOF, géré par la Société Centrale Canine — unique représentante française de la FCI —, ne comporte de rubrique que pour les races reconnues par cette dernière. Ni titre initial, ni livre d’attente, ni inscription au titre de l’importation : cette dernière suppose un livre généalogique étranger reconnu par la SCC, ce que n’est pas celui du club majorquin. Votre chien restera non-LOF.

Est-ce un chien de catégorie 1 ou 2 en France ?

Non, en aucun cas. La loi du 6 janvier 1999 vise, en première catégorie, des chiens non inscrits au LOF assimilables morphologiquement aux types staffordshire terrier, american staffordshire terrier, mastiff ou tosa, et en seconde une liste nominative de races. Un ratier de quatre kilos n’y figure pas : aucun permis de détention n’est requis. Être non-LOF ne rend pas un chien « catégorisé ».

Mon chiot est né sans queue : est-ce une caudectomie ?

Pas nécessairement : environ un chiot sur cinq naît anoure ou avec une queue rudimentaire, caractère héréditaire de la race. En Espagne, la coupe de la queue est interdite depuis l’entrée en vigueur de la Convention européenne le 1er février 2018 ; en France, la coupe des oreilles est interdite mais la caudectomie reste légale, notre pays ayant maintenu une réserve. Un chiot majorquin né après 2018 avec un moignon est donc presque certainement né ainsi.

Peut-il vivre dehors sous le climat français ?

Non, et il n’y a pas de discussion. Quatre kilos, un poil ras sans sous-poil, pratiquement aucune réserve de graisse : ce chien perd sa chaleur très vite. Ni chenil, ni niche, ni grange, du Nord au Midi ; en hiver, un vêtement chaud est un équipement, pas une coquetterie. En revanche il encaisse l’été français mieux que la plupart des races.

Faut-il le vacciner contre la leptospirose ?

Pour un chien à profil ratier, la question ne se pose pas : le rat est le réservoir privilégié de cette zoonose, et la contamination peut se faire par simple contact avec de l’eau ou de la terre souillées d’urine de rongeur. En France, les vaccins L4, employés par la très large majorité des vétérinaires, couvrent quatre sérogroupes — Canicola, Icterohaemorrhagiae, Australis et Grippotyphosa — contre deux autrefois. Décrivez à votre vétérinaire le mode de vie réel du chien.

Cette race convient-elle à une famille avec des enfants ?

Oui, mais avec des réserves. Ils aiment jouer sans tolérer les manipulations brutales, et leur gabarit les rend vulnérables aux chutes et aux serrages involontaires. En dessous de cinq ou six ans, supervisez en permanence les interactions et apprenez à l’enfant à respecter le couchage du chien comme un espace inviolable.

S’entendent-ils avec les chats et les rongeurs domestiques ?

Avec les chats, tout dépend du scénario : chiot et chaton élevés ensemble deviennent souvent inséparables, alors qu’imposer un chat à un chien adulte relève de la loterie. Le facteur décisif est le comportement du chat — celui qui fuit déclenche la poursuite, celui qui tient sa place est respecté. Avec les rongeurs domestiques et les oiseaux, la réponse est nette : ce sont ses proies de spécialité, et la cohabitation est une question de portes fermées, pas d’éducation.

Aboient-ils souvent ?

Oui, et il faut le savoir avant d’adopter. À Majorque, ce chien formait un binôme avec le grand berger de l’île : au gros la dissuasion, au petit l’alerte. L’aboiement est donc une qualité de travail sélectionnée pendant des générations, pas un défaut d’éducation. On peut le canaliser — signal de fin, gestion des points de guet — mais on ne le supprimera pas. En immeuble ancien mal isolé, c’est le premier critère à peser.

Où trouver un ca rater mallorquí quand on vit en France ?

Il n’existe pas, à notre connaissance, de club de race ni de délégation officielle du club majorquin en France : les contacts publiés sont tous établis à Majorque, et c’est donc à lui qu’il faut s’adresser. Prévoyez de l’attente, une conversation en espagnol ou en catalan, le certificat d’engagement signé sept jours avant la cession, et une vérification au fichier I-CAD. Pensez aussi aux associations qui rapatrient des chiens d’Espagne.

Vidéo sur la race
Avantages
  • Compact, bon pour un appartement
  • Dévoué et affectueux envers la famille
  • Un ratier agile et infatigable
  • Un gardien vigilant « sonnette »
Inconvénients
  • Un tempérament nerveux et excitable
  • Enclin à aboyer
  • Un fort instinct de prédation (rats, petits animaux)
  • Rare hors des Baléares
Comparaison avec des races similaires
Ratonero bodeguero andaluzRatier de PragueJack russell terrier
Taille35–43 cm20–23 cm25–30 cm
Énergie43.54.5
Appartement3.54.53.5
Débutants3.53.53
Questions fréquentes
Puis-je inscrire mon ca rater mallorquí au LOF ?
Non. Le LOF, géré par la Société Centrale Canine — unique représentante française de la FCI —, ne comporte de rubrique que pour les races reconnues par cette dernière. Ni titre initial, ni livre d'attente, ni inscription au titre de l'importation : cette dernière suppose un livre généalogique étranger reconnu par la SCC, ce que n'est pas celui du club majorquin. Votre chien restera non-LOF.
Est-ce un chien de catégorie 1 ou 2 en France ?
Non, en aucun cas. La loi du 6 janvier 1999 vise, en première catégorie, des chiens non inscrits au LOF assimilables morphologiquement aux types staffordshire terrier, american staffordshire terrier, mastiff ou tosa, et en seconde une liste nominative de races. Un ratier de quatre kilos n'y figure pas : aucun permis de détention n'est requis. Être non-LOF ne rend pas un chien « catégorisé ».
Mon chiot est né sans queue : est-ce une caudectomie ?
Pas nécessairement : environ un chiot sur cinq naît anoure ou avec une queue rudimentaire, caractère héréditaire de la race. En Espagne, la coupe de la queue est interdite depuis l'entrée en vigueur de la Convention européenne le 1er février 2018 ; en France, la coupe des oreilles est interdite mais la caudectomie reste légale, notre pays ayant maintenu une réserve. Un chiot majorquin né après 2018 avec un moignon est donc presque certainement né ainsi.
Peut-il vivre dehors sous le climat français ?
Non, et il n'y a pas de discussion. Quatre kilos, un poil ras sans sous-poil, pratiquement aucune réserve de graisse : ce chien perd sa chaleur très vite. Ni chenil, ni niche, ni grange, du Nord au Midi ; en hiver, un vêtement chaud est un équipement, pas une coquetterie. En revanche il encaisse l'été français mieux que la plupart des races.
Faut-il le vacciner contre la leptospirose ?
Pour un chien à profil ratier, la question ne se pose pas : le rat est le réservoir privilégié de cette zoonose, et la contamination peut se faire par simple contact avec de l'eau ou de la terre souillées d'urine de rongeur. En France, les vaccins L4, employés par la très large majorité des vétérinaires, couvrent quatre sérogroupes — Canicola, Icterohaemorrhagiae, Australis et Grippotyphosa — contre deux autrefois. Décrivez à votre vétérinaire le mode de vie réel du chien.
Cette race convient-elle à une famille avec des enfants ?
Oui, mais avec des réserves. Ils aiment jouer sans tolérer les manipulations brutales, et leur gabarit les rend vulnérables aux chutes et aux serrages involontaires. En dessous de cinq ou six ans, supervisez en permanence les interactions et apprenez à l'enfant à respecter le couchage du chien comme un espace inviolable.
S'entendent-ils avec les chats et les rongeurs domestiques ?
Avec les chats, tout dépend du scénario : chiot et chaton élevés ensemble deviennent souvent inséparables, alors qu'imposer un chat à un chien adulte relève de la loterie. Le facteur décisif est le comportement du chat — celui qui fuit déclenche la poursuite, celui qui tient sa place est respecté. Avec les rongeurs domestiques et les oiseaux, la réponse est nette : ce sont ses proies de spécialité, et la cohabitation est une question de portes fermées, pas d'éducation.
Aboient-ils souvent ?
Oui, et il faut le savoir avant d'adopter. À Majorque, ce chien formait un binôme avec le grand berger de l'île : au gros la dissuasion, au petit l'alerte. L'aboiement est donc une qualité de travail sélectionnée pendant des générations, pas un défaut d'éducation. On peut le canaliser — signal de fin, gestion des points de guet — mais on ne le supprimera pas. En immeuble ancien mal isolé, c'est le premier critère à peser.
Où trouver un ca rater mallorquí quand on vit en France ?
Il n'existe pas, à notre connaissance, de club de race ni de délégation officielle du club majorquin en France : les contacts publiés sont tous établis à Majorque, et c'est donc à lui qu'il faut s'adresser. Prévoyez de l'attente, une conversation en espagnol ou en catalan, le certificat d'engagement signé sept jours avant la cession, et une vérification au fichier I-CAD. Pensez aussi aux associations qui rapatrient des chiens d'Espagne.
Sources

Type aborigène baléare (Club del Ca Rater Mallorquí)

Share This Article