Le Perro Ratero Mallorquín, ou Ca Rater Mallorquí (Majorca Ratter), n'est pas un petit chien de canapé : c'est un ouvrier. Quatre kilos de muscles, de nerf et de mémoire de métier, sélectionnés pour un seul travail — débusquer le rat là où aucun autre chien ne se glisse. Apprenez-en davantage sur Tvaryny.
Disons-le d'emblée, car c'est là que la plupart des articles se trompent : ce chien n'est pas un gardien de troupeau miniature, il n'a pas de numéro de standard FCI, et il n'est pas un terrier britannique déguisé.
L'essentiel en trente secondes
L'essentiel en trente secondes · 7
| Point clé | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|
| Métier d'origine | Ratier de ferme — ni berger, ni gardien de troupeau |
| Statut FCI | Non reconnue. Aucun numéro de standard n'existe |
| Papiers réels | Standard publié au bulletin officiel des Baléares, livre généalogique tenu par le club de race |
| En France | Chien non-LOF, sans club de race français à ce jour |
| Format | Environ 4 kg, poil ras, sans sous-poil |
| Vigilance n°1 | La voix : l'aboiement est une qualité de travail sélectionnée |
| Vigilance n°2 | Le froid : la vie au chenil extérieur est exclue sous nos latitudes |
Le statut de la race : des papiers, oui — mais pas ceux de la FCI
C'est le point le plus mal traité sur le web francophone. La formule à retenir : le ca rater a des papiers, ce ne sont simplement pas des papiers FCI.
Ce qui existe. Le standard a été publié au Butlletí Oficial de les Illes Balears le 28 décembre 2002 ; un mois plus tôt, une résolution du 21 novembre 2002 confiait le livre généalogique au club. Côté État espagnol, la reconnaissance relève d'un cadre agricole fondé sur le Real Decreto 558/2001. On lit souvent que les sources hésitent entre 2003 et 2004 : ce sont deux étapes d'un même processus — accord du comité le 22 avril 2003, Orden APA/807/2004 signée le 24 mars 2004 et publiée au journal officiel espagnol le 30 mars.
Détail lourd de sens : dans cet arrêté, le ca rater et le ratier valencien sont entrés à l'annexe officielle le même jour, dans le même document. Ajoutons un texte qui nomme la race noir sur blanc : la loi baléare 6/2006 sur la chasse, dont l'article 34.5 impose aux pouvoirs publics de favoriser la conservation des races cynégétiques locales — le ca eivissenc, le ca mè et le ca rater. Peu de races non reconnues par la FCI sont nommées dans une loi en vigueur.
Ce qui n'existe pas. Aucun numéro de standard FCI : si un site ou une annonce vous en cite un, c'est une invention, ou une confusion avec l'un des deux ratiers espagnols reconnus. Méfiez-vous aussi d'une affirmation répandue sur les agrégateurs : la Real Sociedad Canina de España n'a pas reconnu le ca rater ; sur son site, il figure dans une rubrique distincte, du type « autres races / en cours de récupération ». Si cette porte reste fermée, c'est que le club a choisi de la fermer — passer sous le parapluie de la fédération espagnole supposait de lui céder le livre généalogique.
Le club : CEPRAM, Montuïri, et la question française
Le Club del Ca Rater Mallorquí, connu sous le sigle CEPRAM, a été fondé en 1990 et reconnu en 2002 comme groupement d'éleveurs de chiens de race pure. C'est lui qui tient le livre généalogique. Son siège est à Montuïri, où il organise depuis 1990 des rassemblements devenus une tradition locale. Il annonce environ un millier de chiens inscrits et quelque cent cinquante chiots par an.
Le point que le lecteur français attend, et la réponse honnête. Il se dit ici et là que le club disposerait d'une antenne en France. Nous avons cherché à le vérifier : ni les pages du club, dans ses versions espagnole et anglaise, ni les notices encyclopédiques de référence ne mentionnent la moindre délégation étrangère, et la liste d'éleveurs publiée ne comporte que des contacts majorquins. Nous ne pouvons donc pas confirmer l'existence d'un relais officiel du CEPRAM en France.
Ca rater et LOF : ce que « non-LOF » veut dire en France
Voilà le cœur du sujet pour un lecteur français, et il n'est presque jamais traité. En France, la cynophilie officielle a un seul interlocuteur : la Société Centrale Canine (SCC). Fondée en 1881, reconnue établissement d'utilité publique par un décret du 28 avril 1914, elle compte parmi les membres fondateurs de la FCI en 1911 et en demeure l'unique représentante pour la France. C'est à elle que l'État a confié la gestion du Livre des Origines Français.
La conséquence est mécanique : une race non reconnue par la FCI n'a pas de rubrique au LOF. La case n'a jamais été créée. Les trois voies d'entrée méritent d'être connues, ne serait-ce que pour voir où elles se referment :
- Le titre initial permet à un chien sans origines connues d'entrer au LOF, si le livre de sa race est ouvert et qu'il passe l'examen de confirmation. Encore faut-il que la race existe au LOF.
- Le livre d'attente est un registre prévu pour certaines races dont le livre est fermé : le chien doit être jugé apte à la confirmation lors d'une manifestation de la SCC et subir les mêmes tests que les titres initiaux ; après trois générations inscrites, les chiots issus de ce pedigree rejoignent le LOF. Mécanisme réservé à des races déjà identifiées par la SCC.
- L'importation concerne un chien confirmé en France et déjà inscrit à un livre généalogique étranger reconnu par la SCC. C'est là que tout se bloque : le livre du club majorquin ne relève d'aucun membre de la FCI.
Pour mesurer ce à quoi votre chien n'aura pas accès : la Centrale Canine a enregistré en 2024 plus de deux cent cinq mille naissances, sur cent quatre-vingt-douze races. Cent quatre-vingt-douze portes ouvertes — et pas une pour le ratier majorquin.
Non-LOF ne veut pas dire « chien dangereux »
En France, « non-LOF » a une résonance juridique qui inquiète beaucoup de futurs propriétaires. La loi n° 99–5 du 6 janvier 1999, relative aux animaux dangereux et errants, a créé deux catégories de chiens.
| Catégorie | Définition | Le ca rater est-il concerné ? |
|---|---|---|
| 1re — chiens d'attaque | Chiens non inscrits au LOF assimilables par leurs caractéristiques morphologiques aux types staffordshire terrier, american staffordshire terrier, mastiff ou tosa | Non. Le critère est morphologique, et quatre kilos ne ressemblent à rien de tout cela |
| 2e — chiens de garde et de défense | Chiens inscrits au LOF appartenant aux races staffordshire terrier, american staffordshire terrier, rottweiler ou tosa | Non. La liste est nominative et fermée |
| Formalité associée | Permis de détention délivré par la mairie, obligatoire depuis le 1er janvier 2010 pour les catégories 1 et 2 | Sans objet pour cette race |
Ce tableau éclaire une subtilité rarement expliquée : en première catégorie, c'est précisément l'absence de LOF qui déclenche le classement, combinée à une ressemblance morphologique. La loi ne sanctionne pas l'absence de papiers — elle s'en sert pour attraper des types précis. Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage ; ici, il n'y a rien à noyer. Les vraies conséquences sont ailleurs : pas de pedigree français, pas d'expositions officielles, pas de club de race, aucun recours en cas de litige sur les origines.
La queue : bobtail naturel, caudectomie et l'exception française
Chapitre qui concerne cette race de plein fouet, et où la France se distingue nettement de l'Espagne. Chez le ca rater, environ un chiot sur cinq naît sans queue ou avec une queue rudimentaire : un bobtail naturel, héréditaire. Historiquement, les autres étaient écourtés systématiquement — le prototype racial validé par l'État espagnol en 2004 décrit encore cet usage. Retenez donc : naître sans queue et être écourté ne sont pas la même chose. Les deux pays ont signé la même Convention européenne du 13 novembre 1987, mais pas de la même manière.
| France | Espagne | |
|---|---|---|
| Coupe des oreilles | Interdite (article R214-21 du code rural) | Interdite |
| Coupe de la queue | Toujours légale : réserve maintenue sur cette disposition | Interdite : convention ratifiée sans réserve sur ce point |
| Texte de référence | Décret n° 2004–416 du 11 mai 2004 | Instrument de ratification en vigueur depuis le 1er février 2018 |
Autrement dit : un éleveur majorquin n'a plus le droit d'écourter ses chiots depuis 2018, alors qu'un vétérinaire français le pourrait encore légalement. Cette singularité, régulièrement contestée, a fait l'objet de questions écrites à l'Assemblée nationale. La cynophilie française avance pourtant dans l'autre sens : la SCC a cessé de reconnaître les queues écourtées pour le rottweiler et le cane corso nés après 2019, puis pour sept races de plus en 2020.
Le métier : le ratier de possessió et son binôme
Pour comprendre ce chien, représentez-vous la possessió, la grande ferme majorquine : grenier à grains, écurie, moulin à huile, murets de pierre sèche. Un écosystème à rongeurs. Le ratier y était lâché sous les planchers, entre les sacs, dans les interstices des murs — sa petitesse n'était pas un charme, c'était un cahier des charges. Un chien plus gros ne passe pas. Le rat, lui, se retourne et il mord : la sélection a porté sur le cran et la décision solitaire, souvent entre chien et loup.
Le rat n'était pas son unique client : le ratier majorquin est aussi employé sur le lapin, le lièvre, le hérisson et jusqu'aux grives. Sa technique sur le lapin porte un nom local, buidar — « vider » : il fouille le couvert et en expulse le gibier vers les chasseurs, exactement l'inverse d'un podenco. Détail révélateur : les chasseurs préféraient les sujets tricolores, car dans le maquis un petit chien noir et feu se confond avec un lapin. La nuit, tous les chats sont gris.
Reste l'organisation du travail qu'on oublie toujours de mentionner. Le ratier ne travaillait pas seul : il formait un binôme avec le ca de bestiar, le grand berger noir de l'île. Au grand, la dissuasion ; au petit, l'alerte — il signalait quiconque approchait bien avant que le gros ne bouge. D'où une relecture décisive : l'aboiement du ca rater n'est pas un caprice, c'est un rapport de service. On peut le canaliser ; on ne le supprimera pas.
Les quatre races de Majorque : une leçon de sélection
| Race majorquine | Fonction | Statut FCI |
|---|---|---|
| Ca de bou (dogue de Majorque) | Molosse, chien de prise | Reconnu — standard FCI n° 249, reconnaissance définitive en 1963 |
| Ca de bestiar (berger majorquin) | Conduite et garde du troupeau | Reconnu — standard FCI n° 321, groupe 1 |
| Ca mè mallorquí (braque de Majorque) | Chien d'arrêt | Non reconnu par la FCI |
| Ca rater mallorquí | Ratier de ferme | Non reconnu par la FCI |
Une île, quatre races — et la régularité saute aux yeux : Majorque a fait reconnaître ses grands chiens spectaculaires et laissé de côté ses deux races de travail utilitaires. Les chiens qui font de belles photos en exposition ont toujours voyagé plus vite que ceux qui travaillent dans une grange.
Trois ratiers ibériques face à face
Trois ratiers ibériques face à face · 7
| Ca rater mallorquí | Gos rater valencià | Ratonero bodeguero andaluz | |
|---|---|---|---|
| Statut FCI | Non reconnu | Standard n° 370 | Standard n° 371 |
| Date du standard en vigueur | Standard baléare de 2002 | 21 juin 2022 | 3 septembre 2024 |
| Groupe FCI | — | Groupe 3 (terriers), section 1 | Groupe 3 (terriers), section 1 |
| Épreuve de travail | — | Sans épreuve de travail | Épreuve de travail facultative |
| Taille des mâles | 32–36 cm | 30–40 cm (idéal 36) | 37–43 cm (idéal 40) |
| Poids | 3–5 kg | 4–8 kg | Mâles 10–12 kg, femelles 8–10 kg |
| Autres noms | Perro ratero mallorquín, ratoner de Mallorca | Rateret, fusterrier | Terrier andalou, terrier de Xérès |
Deux enseignements. D'abord, le ca rater est nettement le plus petit des trois : signature d'un métier différent, car les greniers et murets majorquins imposaient un gabarit que les chais andalous n'exigeaient pas. Ensuite, le ratier andalou descend bel et bien de lignées de fox-terriers à poil lisse importées par les négociants du vin de Xérès, sa robe blanche ayant été retenue pour la visibilité dans l'obscurité des caves. Ce que la génétique n'a pas confirmé chez le Majorquin est documenté chez l'Andalou.
Reste le plus instructif. Le ratier majorquin et le valencien étaient entrés à l'annexe officielle espagnole le même jour de 2004. Le valencien a rejoint la FCI en 2022, l'andalou est devenu la quatorzième race espagnole reconnue en 2024 — et le Majorquin est resté seul sur le quai. Le statut n'a rien d'éternel : la porte reste fermée non par fatalité, mais par la décision de son propre club. Détail qui amuse : la FCI a rebaptisé les deux autres du côté du mot « terrier », que la génétique conteste précisément chez le Majorquin.
Les rongeurs d'aujourd'hui en France : ragondin, rat musqué, surmulot
Ce chien a-t-il encore un métier chez nous ? La réponse passe par le droit de l'environnement. Le ragondin et le rat musqué sont classés parmi les espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD), dans le groupe des espèces non indigènes fixé par l'arrêté ministériel du 2 septembre 2016 : régulation toute l'année, par tir ou piégeage, la pose de pièges-cages supposant une déclaration annuelle en mairie. Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs : un ratier de quatre kilos n'est pas un outil contre le ragondin. Son domaine, c'est le surmulot du bâti agricole.
Un mot enfin sur ce que le droit français n'offre pas à ce chien. La vénerie sous terre est encadrée par l'arrêté du 18 mars 1982 relatif à l'exercice de la vénerie : équipage d'au moins trois chiens dressés à la voie du renard et du blaireau, identification par tatouage, remise en état du chantier sous vingt-quatre heures, et interdiction expresse des championnats et concours. La France encadre donc le travail au terrier des chiens moyens, mais n'a organisé aucune discipline autour de la dératerie. Il faudra l'occuper autrement.
De Majorque à la France : l'inversion climatique
Prenez ce chapitre au sérieux : c'est le point où un propriétaire mal informé fait le plus de dégâts. Le ca rater s'est formé sous un climat méditerranéen insulaire, et sa physiologie en porte la trace : quatre kilos, un poil ras sans sous-poil, pratiquement aucune réserve de graisse. La vie en extérieur permanente est donc exclue en France, sur tout le territoire. Ni chenil, ni niche, ni « il dort dans la grange » — à Majorque même, il dormait au chaud.
| Contexte français | Ce que cela change |
|---|---|
| Midi méditerranéen, Corse, littoral atlantique doux | Le plus proche de son milieu d'origine. Hivers gérables avec un manteau ; surveiller l'humidité et le vent |
| Moitié nord, Bassin parisien, façade Manche | Le couple froid + humidité est plus éprouvant que le froid sec. Vêtement systématique, sorties fractionnées |
| Est, montagne, plateaux d'altitude | Sorties courtes en période de gel, vigilance sur les coussinets, aucune exposition prolongée |
| Été partout en France | Il encaisse la chaleur mieux que la plupart des races nordiques ou brachycéphales — c'est son terrain |
Le corollaire est plus agréable : là où un berger à sous-poil épais souffre en juillet, le ratier majorquin attend l'ombre et repart. Pour qui vit dans le Sud, c'est un vrai argument.
Raticides : le danger le plus sournois
Si vous ne deviez retenir qu'un avertissement de tout cet article, ce serait celui-ci. Le risque majeur pour un chien ratier n'est pas le rat : c'est le poison destiné au rat. En France, les rodenticides anticoagulants sont la deuxième cause d'empoisonnement du chien, derrière les insecticides.
Le mécanisme est commun à ces molécules : elles bloquent les facteurs de coagulation dépendants de la vitamine K1, provoquant des hémorragies internes. Voici le piège, qui fait aussi leur efficacité — la mort survient plusieurs jours après l'ingestion, pour que le rat ne fasse pas le lien entre l'appât et le mal. Le chien peut donc avaler un rat empoisonné, se porter parfaitement bien plusieurs jours, puis s'effondrer sans signe avant-coureur. C'est l'intoxication secondaire : chez un ratier, les rongeurs les plus faciles à prendre sont les plus dangereux.
Point de réglementation utile : depuis le 1er mars 2018, les formulations les plus concentrées sont réservées aux professionnels, les moins dosées restant accessibles à tous. Traduction concrète : les appâts déposés près de chez vous existent en plusieurs concentrations, et vous ne savez pas laquelle a été utilisée.
- Ne jamais attendre l'apparition de symptômes. Un chien qui a mangé un rongeur là où une dératisation a eu lieu justifie un appel vétérinaire immédiat, même s'il pète la forme.
- Signalez le contexte, pas seulement le symptôme : « il a attrapé un rat près du local poubelles » oriente immédiatement le diagnostic. Un antidote existe — la vitamine K1 — mais encore faut-il y penser à temps.
- Repérez les postes d'appâtage autour de votre logement et des locaux poubelles, et adaptez vos itinéraires.
- Prévenez les voisins agriculteurs : la plupart adapteront leur pratique s'ils savent que votre chien prend du rongeur.
Appartement, chats et cohabitation : la vérité sans fard
Sur le papier, tout plaide pour l'appartement : quatre kilos, poil ras, pas d'odeur marquée. Dans les faits, la question n'est pas la surface du logement mais l'épaisseur des murs et la tolérance des voisins : chaque pas dans la cage d'escalier, chaque livreur est un événement à signaler. Cela se travaille, mais ne disparaît pas. Ce chien tient dans un studio à condition de ne pas y rester : deux à trois sorties actives quotidiennes plus une occupation mentale sont le seuil en dessous duquel les problèmes apparaissent.
Vient ensuite le chapitre où il faut être le plus honnête, parce que les erreurs y sont irréversibles. Un hamster, un chinchilla, un lapin nain, un oiseau en cage : pour un ca rater, ce ne sont pas des colocataires, c'est sa proie de spécialité. Le débat n'est pas éducatif, il est architectural — portes fermées, cages hors de portée, aucune sortie de rongeur en présence du chien.
Les chats méritent une réponse plus nuancée. Chiot et chaton élevés ensemble : cela fonctionne très bien la plupart du temps. Imposer un chat à un chien adulte, ou l'inverse : c'est une loterie, qui exige une introduction longue et des refuges en hauteur. Le paramètre décisif reste le comportement du chat — celui qui fuit déclenche le réflexe de poursuite. Avec ses congénères, ce chien est plutôt sociable ; la vigilance porte sur son absence totale de complexe face à un molosse.
Acquérir un ca rater mallorquí en France : la marche à suivre
- Passer par le club majorquin. Faute de relais français confirmé, c'est la voie fiable : le club tient le livre généalogique et publie la liste de ses éleveurs. Demandez systématiquement l'inscription des parents à ce registre.
- Signer le certificat d'engagement et de connaissance. Issu de la loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale et obligatoire depuis le 1er octobre 2022, il doit être signé sept jours avant la cession, le cédant étant tenu de vérifier ce délai. Il vise les acquisitions impulsives — pour une race rare et exigeante, ces sept jours sont une bonne chose.
- Vérifier l'identification. L'article L212-10 du code rural impose l'identification du chien avant l'âge de quatre mois, et de toute façon avant toute cession. Les données sont enregistrées au fichier national I-CAD, et détenir un chien non identifié né après le 1er janvier 2012 est passible d'une contravention.
- Contrôler le passeport européen et le volet rage, obligatoires pour tout mouvement entre États membres.
- Se méfier des annonces trop simples. Un vendeur qui parle de « pedigree LOF » pour cette race, qui cite un numéro de standard FCI ou qui confond ratier majorquin et ratier valencien ne sait pas de quoi il parle. Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant d'avoir vérifié le registre.
Dernier conseil, et il n'est pas anodin : en France, la voie la plus réaliste passe souvent par le sauvetage. Il existe chez nous un tissu associatif dense spécialisé dans le rapatriement de chiens d'Espagne — historiquement les galgos et podencos abandonnés après la saison de chasse et voués aux perreras, mais aussi, dans les mêmes convois, quantité de petits chiens de type ratier et bodeguero. Un ratier adulte y arrive souvent étiqueté « croisé terrier » faute de mieux — et un caractère déjà lisible vaut mieux qu'un chiot importé à l'aveugle.
Faits intéressants sur la race
- À Majorque, cette race est encore utilisée aujourd'hui pour sa fonction première dans les fermes, ainsi que pour la chasse au lapin.
- Malgré une ressemblance frappante avec les terriers britanniques, l'analyse génétique n'a pas retrouvé cet apparentement : c'est un cas d'école de convergence évolutive.
- Environ un chiot sur cinq naît sans queue ou avec une queue rudimentaire — un bobtail naturel, indépendant de toute intervention chirurgicale.
- Les chasseurs majorquins ont longtemps préféré les sujets tricolores, non par esthétisme mais pour ne pas confondre le chien avec un lapin dans le maquis.
- La loi baléare sur la chasse cite la race nommément parmi les races cynégétiques locales à conserver.
- Sur les quatre races canines de Majorque, seules les deux plus grandes ont obtenu la reconnaissance internationale.
- Le club de race organise depuis 1990 des rassemblements à Montuïri, devenus un rendez-vous traditionnel de l'île.
- Ils n'ont pas l'odeur typique de « chien mouillé », ce qui en fait des colocataires agréables.
