Histoire de la race : un seul chat à l'origine de tout
L'histoire du Devon Rex ne commence pas par un projet d'élevage mais par une trouvaille. Dans le comté du Devon, près de la petite ville de Buckfastleigh, vivait un matou errant au pelage bouclé — selon le récit transmis dans la race, il rôdait autour d'une mine d'étain abandonnée. En juillet 1959, une chatte écaille de tortue et blanc mit bas une portée dont un chaton était couvert de boucles, jusqu'à des anglaises sur la queue. La chatte appartenait à Miss Beryl Cox, qui garda le chaton et le nomma Kirlee.
La presse britannique parlait déjà de chats frisés : il s'agissait des Cornish Rex de Cornouailles, découverts une dizaine d'années plus tôt. Miss Cox écrivit aux éleveurs qu'elle possédait elle aussi un chat bouclé. Vint alors l'accouplement de vérification, les chatons à poil droit, et la conclusion qu'on avait affaire à une mutation nouvelle.
La reconnaissance
- GCCF (Royaume-Uni) a reconnu le Devon Rex en 1967.
- CFA (États-Unis) a voté à l'unanimité, en février 1979, l'attribution d'un statut de race distincte et l'admission à l'enregistrement ; la race est passée en classe provisoire en 1981 et a obtenu le statut Championnat en 1983. La formule courante « reconnu par la CFA en 1979 » n'est donc vraie qu'à moitié : 1979, c'est l'enregistrement ; les rings de championnat sont venus quatre ans plus tard.
- TICA a admis le Devon Rex en classe Championnat en 1979, l'année même de sa fondation.
« Toute la race descend d'un seul chat » : ce que cela implique vraiment
Tous les Devon Rex actuels descendent de Kirlee. Pire : les femelles qu'on lui présenta les premières années étaient non seulement très apparentées entre elles, mais descendaient directement de Kallibunker — puisqu'on croyait au départ à la même mutation. Obtenir la reconnaissance de la race exigeait plusieurs générations d'accouplements Rex × Rex, réalisées à l'intérieur d'un très petit groupe d'animaux.
La GCCF le dit noir sur blanc dans sa politique d'élevage : cette consanguinité, engagée pour obtenir la reconnaissance, s'est poursuivie ensuite, et depuis le début la race est frappée par de sérieux problèmes de santé — luxation de la rotule, coagulopathie et myopathie héréditaire (spasticité), aujourd'hui connue sous le nom de CMS. Ce n'est pas la formulation des détracteurs de la race, mais celle de sa propre commission d'élevage.
D'où des exigences d'élevage plus strictes que dans la plupart des races. Dans le système GCCF, un Devon Rex ou un variant de Devon Rex ne peut figurer au registre actif que sous l'une de ces trois conditions : le chat lui-même a été testé normal pour le gène CMS ; ses parents ont été testés normaux ; ou tous les chats de chaque ligne du pedigree des générations précédentes ont été testés normaux. C'est exactement la question que doit poser l'acheteur d'un chaton.
Qu'est-ce qu'un « variant de Devon Rex » ?
Le terme apparaît immanquablement dans les pedigrees et inquiète les acheteurs à tort. Comme le bouclé est récessif, deux Devons peuvent donner un chaton au poil parfaitement lisse. Ce n'est ni un raté ni un « demi-sang » : c'est un variant de la race, un Devon Rex par l'origine et par le type, porteur d'une copie du gène du bouclé. Les variants travaillent pleinement en élevage — la GCCF précise même que, pour tirer tout le bénéfice de l'outcross, des accouplements variant × variant sont nécessaires, et que le produit à poil normal de ces accouplements n'est reconnu comme variant qu'après un test ADN confirmant le gène.
L'outcross est autorisé, mais étroitement encadré : la GCCF publie une liste de races partenaires approuvées — Abyssin, Asian à poil court, British Shorthair, Burmese et Korat — toutes les autres étant classées non approuvées. Il est précisé séparément que le Devon Rex n'est pas compatible avec le Cornish Rex, le Selkirk Rex ni le LaPerm, que de tels accouplements sont très indésirables, que leur produit part au registre de référence et ne sert dans aucun programme d'élevage Rex. L'objectif est énoncé tel quel : garder la race entièrement séparée des autres mutations rexoïdes.


