| Taille | 55–63 cm |
| Poids | 25–40 kg |
| Espérance de vie | 11–14 ans |
| Groupe FCI | non reconnue par la FCI (nationale espagnole) |
| Origine | Espagne |
Notes exactes
- Globalement un molosse robuste et fonctionnel
- Dysplasie de la hanche
- Torsion de l’estomac (bloat)
- Problèmes de peau (plis, démodécie)
- Pool génétique limité (race reconstituée)
Une alimentation de qualité pour un molosse musclé et actif, avec contrôle du poids ; nourrir en petites portions (risque de torsion). Assez d’espace et d’exercice ; socialisation précoce et un leadership calme et ferme.
L’Alano Espagnol (Spanish Bulldog / Alano Español) n’est pas simplement un chien, c’est l’histoire vivante de la péninsule Ibérique, riche de siècles de combats, de chasse et de services loyaux. Cette race, qu’il est aujourd’hui difficile de rencontrer, est un modèle de fonctionnalité parmi les molosses. Ce sont des chiens au véritable caractère espagnol – nobles, réservés et incroyablement courageux. Ils sont récemment sortis de l’oubli pour reprendre leur place aux côtés de l’homme. Apprenez-en plus à ce sujet sur Tvaryny.
Alano (Bouledogue Espagnol) : bref aperçu et caractéristiques

| Caractéristique | Détails et description |
|---|---|
| Origine | Espagne (Péninsule Ibérique) |
| Groupe | Molosses, chiens de prise (non reconnu par la FCI, reconnu par la RSCE) |
| Première mention | 1349 (dans le « Livre de la chasse » du roi Alphonse XI) |
| Espérance de vie | 11-14 ans (longévité notable pour des molosses) |
| Hauteur au garrot | Mâles : 58-63 cm ; Femelles : 55-60 cm |
| Poids | Mâles : 30-45 kg ; Femelles : 25-35 kg |
| Type de poil | Court, dense, dur, sans sous-poil |
| Fonction | Chasse au gros gibier, garde de bétail, service de sécurité |
Histoire de la race : des guerriers antiques aux compagnons modernes
L’histoire de l’Alano Espagnol se lit comme un roman d’aventure. Le nom de la race provient de la tribu nomade des Alains, qui a envahi la péninsule Ibérique au Ve siècle. Ces tribus guerrières ont amené avec elles d’énormes chiens féroces pour garder les troupeaux de chevaux et participer aux actions militaires. Ce sont précisément ces chiens qui sont devenus les ancêtres du bouledogue espagnol moderne.
L’Alano ou Bouledogue Espagnol est une race ancienne officiellement mentionnée dans la littérature depuis 1350. Le roi Alphonse XI, dans son « Livre de la chasse », décrivait ces chiens comme des aides indispensables, dont la morsure était capable d’immobiliser un sanglier ou un taureau. Ces chiens robustes et endurants de type molossoïde ont aidé les chasseurs pendant des siècles à traquer le gibier, retenant la bête jusqu’à l’arrivée de l’homme.
Outre la chasse, ils étaient activement utilisés comme gardiens de bétail bovin. Les troupeaux de taureaux semi-sauvages nécessitaient un contrôle strict, et les Alanos s’acquittaient de cette tâche à la perfection. La race a acquis sa plus grande renommée grâce à sa participation à la corrida lors des premières étapes de son développement. Des chiens courageux aux mâchoires puissantes affrontaient des taureaux enragés, faisant preuve de miracles de bravoure et d’agilité.
D’ailleurs, l’Espagne a offert au monde de nombreuses races magnifiques. Si vous êtes intéressé par d’autres molosses espagnols, nous vous conseillons de jeter un œil au Dogue des Canaries, qui possède des racines similaires, ou au légendaire Ca de Bou (Dogue de Majorque), dont l’histoire est également étroitement liée aux taureaux et aux villes portuaires.
Au XXe siècle, la race s’est retrouvée au bord de l’extinction. L’interdiction d’utiliser des chiens dans les corridas, ainsi que les changements dans les méthodes de chasse et d’agriculture, ont laissé les Alanos « au chômage ». Jusque dans les années 1970, on pensait que la race avait disparu. Cependant, un groupe de passionnés et de cynologues a trouvé des spécimens survivants de lignées de travail dans des régions d’élevage reculées d’Estrémadure et de Castille. Un travail minutieux de renaissance a commencé. Bien que les bouledogues espagnols ne soient pas encore reconnus internationalement par la FCI, la Société Royale Canine d’Espagne (RSCE) les a reconnus, et leur combinaison de psychisme stable et de force physique les a conduits à servir dans la police et les services de recherche.
À quoi ressemble l’Alano : l’anatomie de la fonctionnalité

L’apparence de l’Alano Espagnol est un hymne à la fonctionnalité. Il n’y a rien de superflu chez lui, aucun élément décoratif qui pourrait gêner le travail. Ce sont des athlètes conçus pour la course rapide et la lutte de force.
- Tête : De type brachycéphale, mais sans excès. Le crâne est large et fort. Le museau est court, large, avec des mâchoires très puissantes. Une caractéristique importante est le masque noir, qui est souvent présent indépendamment de la couleur principale.
- Corps : Le corps a un format légèrement allongé. Le dos est droit et musclé, les reins larges. La poitrine est profonde mais pas en forme de tonneau, ce qui permet au chien de respirer efficacement pendant le galop.
- Membres : Forts, avec des angles articulaires bien définis. Les pattes sont grandes et compactes (« pieds de chat »), assurant une excellente adhérence au sol.
- Peau et poil : Les bouledogues espagnols se distinguent par une peau épaisse qui protège contre les défenses des sangliers et les cornes des taureaux. Au niveau du cou, elle forme un léger fanon. Le poil est court et dur au toucher.
- Couleur : La plus populaire est le bringé (toutes les nuances – du clair au bringé noir). Le fauve, le rouge et le gris loup sont également courants. Des taches blanches sont souvent présentes sur le large poitrail.
Comparé à d’autres molosses lourds, comme le Dogue de Bordeaux, l’Alano paraît plus « sec » et élancé, rappelant davantage un sprinter qu’un haltérophile. Ses mouvements sont légers et amples, ce qui lui permet de parcourir de grandes distances sans fatigue.
Caractère : nerfs d’acier et cœur ardent

La qualité principale de ce bouledogue espagnol fort et courageux est son psychisme étonnamment équilibré. Pour un chien doté d’un instinct de chasse et de garde aussi puissant, c’est un atout considérable. Au quotidien, l’Alano se comporte calmement, voire de manière un peu flegmatique, économisant son énergie pour le travail.
Un chiot correctement éduqué grandit obéissant et ne résiste pas aux ordres du maître. Cependant, cela ne vaut que s’il considère ce dernier comme une autorité incontestable. Ce n’est pas un chien qui servira pour de la nourriture ; il sert par respect. Les Alanos font preuve d’une réaction rapide et se lancent sans peur dans le combat si une menace pèse sur le propriétaire ou le territoire. Gardant à l’esprit que ces chiens sont capables d’arrêter non seulement du gibier mais aussi un taureau, ils sont catégoriquement déconseillés aux propriétaires novices, aux personnes manquant d’assurance ou à celles qui n’ont pas de temps pour un entrainement sérieux.
En famille, les Alanos sont tendres et patients. Ils ont un seuil de douleur élevé, c’est pourquoi ils réagissent calmement aux bêtises des enfants (bien que la surveillance des adultes soit obligatoire). Leur comportement de garde est basé sur le contrôle du territoire : ils n’aboient pas pour rien, mais attaquent à la vitesse de l’éclair et sans avertissement si un intrus franchit la limite autorisée.
Santé et maladies typiques : le prix de l’endurance

Chez cette race qui a rejailli après un long oubli dans les conditions difficiles de l’arrière-pays espagnol, une santé phénoménalement robuste a été préservée. Les bouledogues espagnols démontrent non seulement de la force, mais aussi une capacité unique de régénération – leurs blessures cicatrisent très vite. Chez leurs descendants, aucune maladie génétique spécifique, typique des races créées artificiellement, n’a encore été détectée.
Cependant, il ne faut pas relâcher sa vigilance. Les risques suivants doivent être pris en compte :
- Dysplasie de la hanche : Cette maladie guette tous les chiens de grande race, et les Alanos modernes ne font pas exception, bien qu’ils en souffrent moins souvent que, par exemple, les bergers.
- Dilatation-torsion de l’estomac : Un problème aigu pour tous les chiens à la poitrine profonde.
- Problèmes musculo-squelettiques en cas de mauvaise croissance du chiot.
Les représentants de la race sont sensibles à l’équilibre de la ration, surtout pendant la période de croissance active (jusqu’à 1,5 an). Une alimentation correcte aide à prévenir les maux articulaires.
Soins et entretien : un minimum de tracas

Le fait que le bouledogue espagnol n’ait pas de sous-poil et soit un chien peu exigeant en termes de soins ne fait pas de lui l’animal de compagnie idéal pour un appartement. En enfermant un Alano entre quatre murs sans travail, le maître risque de faire face à un comportement destructeur, voire à de l’agressivité due à l’ennui. Une maison à la campagne avec un grand terrain attenant et une haute clôture permettra au bouledogue de dépenser son énergie et de patrouiller le périmètre.
Procédures de soins de base :
- Poil : Le poil court du chien est nettoyé régulièrement à l’aide d’un gant en caoutchouc ou d’une brosse en soies naturelles. Cela élimine non seulement les poils morts, mais masse aussi la peau.
- Bain : On recourt rarement au bain, seulement lorsque le poil commence à sentir mauvais ou que le chien est très sale. Les lavages fréquents éliminent la couche de graisse protectrice.
- Griffes : Le maître doit contrôler la longueur des griffes. Les Alanos sont des chiens actifs et généralement les griffes s’usent d’elles-mêmes, mais si le chien court sur un sol mou, il faut les couper.
- Oreilles et yeux : Une inspection et un nettoyage réguliers des oreilles aideront à éviter les infections.
Dressage et socialisation : comment gérer la force ?

Une puissance physique énorme et des instincts de dominance marqués exigent que le dressage de l’Alano commence le plus tôt possible. La socialisation doit débuter dès les premiers jours d’arrivée du chiot à la maison : le présenter aux gens, aux autres animaux, aux bruits urbains et aux voitures. Un Alano non socialisé peut devenir dangereux pour son entourage.
Avec l’animal, il faut se comporter avec douceur, mais avec fermeté et cohérence. La punition physique est inadmissible – elle ne fera qu’aigrir le chien et détruira le contact. Il est important d’établir immédiatement l’autorité du maître, capable de remettre le désobéissant à sa place par la voix et le langage corporel. Le regard sérieux, presque humain, des bouledogues espagnols prouve que ce sont des chiens d’une grande intelligence. Ils se lassent vite des exercices monotones et de la répétition multiple du même ordre (« assis-assis-assis »), c’est pourquoi le programme de dressage doit être intéressant, dynamique et basé sur le jeu et la motivation de proie.
Pour le travail avec le bétail ou la garde, leur formation ressemble à la préparation d’autres races spécialisées. Par exemple, le style de travail de l’Alano présente des traits communs avec celui du Bouvier Australien, bien que l’Alano utilise davantage la force physique et le contact direct (morsure) pour arrêter l’animal.
Alimentation : la base de la puissance

Les bouledogues espagnols sont nourris soit avec des croquettes commerciales de haute qualité (classe super-premium ou holistique pour grandes races actives), soit avec des produits naturels. Une règle importante : pas de mélange de croquettes sèches et de bouillie dans le menu quotidien ! Cela entraîne un déséquilibre et des problèmes d’estomac.
Particularités de la ration naturelle (BARF/ménagère) :
- Base (60-70%) – viande crue (bœuf, cheval) et abats.
- Légumes et fruits (courgettes, carottes, pommes).
- Produits laitiers fermentés (fromage blanc, kéfir) – surtout pour les chiots.
- Poisson de mer (sans arêtes).
Une fois le type d’alimentation choisi, il faut veiller à sa teneur calorique. Les Alanos ont bon appétit, mais un métabolisme élevé. Pour éviter l’obésité (qui est mortelle pour leurs articulations) ou l’épuisement, il faut ajuster la taille des portions selon le volume de charge physique. Malgré des dents solides, l’Alano ne doit pas ronger d’os tubulaires d’oiseaux. L’excès de pain, de pâtes et de sucreries ne fera que nuire à ce gardien sévère.
Avantages et inconvénients de la race

| Avantages (+) | Inconvénients (-) |
|---|---|
| Psychisme équilibré : Contrairement à de nombreuses races de proie, les Alanos sont calmes et non hystériques. | Dominance : Nécessite un propriétaire expérimenté, capable d’établir une hiérarchie sans violence. |
| Santé de fer : La race s’est formée dans des conditions difficiles, elle a donc une immunité élevée. | Besoin d’activité : Ce n’est pas un chien d’appartement, la charge physique lui est vitale. |
| Polyvalence : Peut être chasseur, gardien, sportif et compagnon. | Salivation : Bien que moins que chez les boxers, les « bisous mouillés » sont garantis. |
| Loyauté envers les « siens » : Très attaché à la famille, patient avec les enfants du propriétaire. | Agressivité animale : Conflits possibles avec d’autres chiens, surtout du même sexe. |
| Silence : Aboie extrêmement rarement et seulement quand c’est nécessaire. | Rareté : Il est difficile de trouver un chiot, et ils coûtent cher. |
Faits intéressants sur la race
- Grimpeurs : Malgré leur caractère massif, les Alanos sont si agiles et coordonnés qu’ils sont capables de grimper aux arbres pour poursuivre un chat sauvage ou une autre proie. Cette capacité de saut « féline » est unique pour des molosses.
- Prise unique : L’Alano peut retenir une proie avec ses mâchoires pendant longtemps sans la mâcher, en la fixant simplement. Cela permettait aux chasseurs d’approcher et de prendre la bête vivante (ou de l’achever au poignard) sans risque pour les chiens.
- Parent du Stafford ? L’Alano est considéré comme l’un des ancêtres de nombreuses races modernes, y compris l’American Staffordshire Terrier et le Dogue Argentin, leur ayant transmis sa force et son courage.
- Gardien de troupeau né : Tout comme le Chien Akbash, l’Alano peut prendre des décisions de manière indépendante concernant la protection du troupeau sans attendre l’ordre du berger si un prédateur est proche.
Foire aux questions (FAQ)
L’Alano convient-il à une famille avec enfants ?
Oui, ils sont très tolérants envers les enfants de leur « meute ». Cependant, en raison de leur grande taille et de leur activité, il ne faut pa les laisser seuls avec des tout-petits sans surveillance. Le chien pourrait bousculer l’enfant par inadvertance.
Ces chiens sont-ils agressifs envers les gens ?
Un Alano équilibré et de pure race ne montre pas d’agressivité injustifiée envers les gens. Ils sont méfiants envers les étrangers, mais n’attaquent qu’en cas de menace réelle. Ce n’est pas une race qui se jette sur les passants.
Peut-on garder un Alano à l’attache (sur une chaîne) ?
Catégoriquement non. Garder ce chien fier sur une chaîne brise son psychisme, le rend aigri et incontrôlable. La vie en enclos est possible, mais seulement à condition de promenades régulières et de contacts avec le maître.
Vidéo sur la race
- Gardien puissant et courageux
- Équilibré et maîtrisable par son maître
- Dévoué à la famille, s’entend bien avec les autres chiens
- Molosse athlétique et fonctionnel
- Dominant et sérieux — exige une main ferme
- Méfiant envers les étrangers
- A besoin d’espace et d’exercice
- Pas pour un appartement ni un débutant
| Dogue des Canaries (presa canario) | Ca de Bou (dogue de Majorque) | Bulldog américain | |
|---|---|---|---|
| Taille | 56–66 cm | 52–58 cm | 50–71 cm |
| Énergie | 3.5 | 3.5 | 4 |
| Appartement | 2 | 2.5 | 2.5 |
| Débutants | 1.5 | 2 | 2.5 |
D’où vient l’Alano ?
À quoi servait l’Alano ?
L’Alano convient-il à une famille ?
Race nationale espagnole (reconnue 2004) · RSCE
