Le Plott Hound est le seul coonhound américain dont l'ascendance n'est pas rattachée aux Foxhounds anglais, mais à des chiens courants allemands amenés en Caroline du Nord au milieu du XVIIIe siècle. Ce n'est pas un détail décoratif de sa biographie : la race a été façonnée pour l'ours et le sanglier, et non pour le raton laveur, et c'est de là que viennent son endurance, sa voix, sa ténacité et cette part d'indépendance que les débutants prennent souvent pour de l'entêtement. Ce qui suit s'appuie sur les sources de première main : les deux standards en vigueur (UKC et AKC), le texte de la loi de l'État et la littérature vétérinaire consacrée à la race. En savoir plus sur Tvaryny.
Ce que veut vraiment dire « deux cents ans de lignée familiale »
C'est l'endroit le plus intéressant de l'histoire de la race, et le plus souvent déformé. La formule « la famille a tenu la lignée pendant plus de deux siècles » est vraie dans un sens et exagérée dans un autre.
Ce qui est vrai, c'est la durée. De l'arrivée de 1750 jusqu'à la notoriété nationale des années 1930–1940, les chiens sont restés avant tout une affaire de famille chez les Plott, dans l'ouest de la Caroline du Nord — soit environ sept générations humaines. Peu de races peuvent se prévaloir d'une telle continuité, et c'est elle qui a donné au Plott un type reconnaissable bien avant tout standard écrit.
Mais « tenir » ne veut pas dire « consigner ». NCpedia le note explicitement : la famille Plott ne tenait pas de registres écrits sur ses chiens. Ces deux siècles de lignée relèvent donc d'une tradition familiale transmise oralement et d'une réputation parmi les chasseurs, non d'un pedigree écrit conservé. Quand on lit quelque part « une lignée documentée de deux cents ans », on prête à la race davantage que ce que la source autorise.
Et « pure » appelle aussi des réserves. Sur ce point, les deux registres en vigueur ne racontent pas la même chose :
- Version UKC. Plott aurait « gardé sa souche entièrement pure, sans aucun apport extérieur ». En 1780, la meute passe à Henry Plott. Peu après, un chasseur de Géorgie qui élevait sa propre souche de chiens d'ours tachetés « léopard » vient voir les Plott — et emprunte pour un an l'un des meilleurs mâles reproducteurs pour ses propres lices. L'UKC présente cet épisode comme le seul apport de sang nouveau connu depuis l'arrivée de la race en Amérique.
- Version AKC. Dans la notice de l'AKC, ce même Henry Plott a croisé la meute familiale avec des chiens locaux — et c'est de là qu'est sorti le chasseur de grand gibier appelé d'abord « chien de Plott », puis Plott Hound, puis simplement Plott.
- Un épisode vers 1900. L'UKC mentionne G. P. Ferguson, voisin de la famille, dont l'influence sur la race fut majeure et qui étudia de près les lignées Blevins et Cable de l'époque. Dans quelle mesure il les a utilisées dans son propre programme d'élevage, l'UKC l'indique honnêtement comme inconnu.
La formule qui résiste à la vérification est donc celle-ci : une base allemande, plus de deux siècles de sélection familiale en montagne, au moins un apport extérieur reconnu et quelques épisodes que les registres eux-mêmes qualifient d'inconnus. Elle explique la place à part du Plott parmi les coonhounds sans en faire un conservatoire génétique qu'il n'a jamais été.
Les registres : UKC, AKC et la question de la FCI
- UKC — 1946. L'enregistrement le plus ancien et toujours le principal côté travail. La version en vigueur du standard date du 1er janvier 2020 ; le texte lui-même porte un copyright de 1982. La race figure dans le groupe des chiens courants (Scenthound Group).
- AKC — deux dates que l'on confond souvent. Le standard officiel de l'AKC a été approuvé en juin 1998 et est entré en vigueur le 1er octobre 1998. Mais l'année de reconnaissance de la race par l'AKC est 2006, dans le groupe des chiens courants (Hound Group). Les sources qui donnent 1998 comme « année de reconnaissance » donnent en réalité l'année du standard. Ce sont deux événements distincts : les deux dates sont justes, elles ne parlent simplement pas de la même chose.
- FCI. La nomenclature de la Fédération Cynologique Internationale ne comporte pas de standard du Plott Hound. Le seul coonhound américain à y avoir son propre numéro est le Coonhound Noir et Feu (Black and Tan Coonhound, n° 300, groupe 6, pays d'origine : États-Unis). En Europe, le Plott se présente et s'enregistre donc via l'UKC/AKC et des clubs nationaux, et non par le système FCI.
Un mot sur le nom : le titre du standard officiel de l'AKC est simplement « Plott », tandis que la fiche de race de l'AKC et l'UKC emploient la forme complète « Plott Hound ». Les deux sont correctes.
Les tailles : pourquoi un seul chiffre ne suffit pas
L'erreur la plus répandue consiste à donner « la taille du Plott » sous forme d'une fourchette unique. Il y en a en réalité quatre : chaque registre a ses chiffres, et chacun distingue mâles et femelles. L'UKC décrit un chien nettement plus grand que l'AKC. D'où le tableau ci-dessous, où chaque nombre a une seule signification et une seule source.
Les tailles : pourquoi un seul chiffre ne suffit pas · 6
| Paramètre | Standard UKC (rév. 01.01.2020) | Standard AKC (appr. 06.1998) |
|---|---|---|
| Hauteur au garrot, mâles | 22–27 pouces (56–69 cm) | 20–25 pouces (51–64 cm) |
| Hauteur au garrot, femelles | 21–25 pouces (53–64 cm) | 20–23 pouces (51–58 cm) |
| Poids, mâles | 50–75 livres (23–34 kg) | 50–60 livres (23–27 kg), en condition de chasse |
| Poids, femelles | 40–65 livres (18–29 kg) | 40–55 livres (18–25 kg), en condition de chasse |
| Écartement des oreilles | non normalisé | mâles 18–20 pouces, femelles 17–19 pouces |
| Hors gabarit | faute éliminatoire (sauf classe puppy) | traité comme un défaut de construction |
L'AKC donne une espérance de vie de 12 à 14 ans. Si vous lisez quelque part « taille du Plott : 50–63 cm » sans précision de sexe ni de registre, il s'agit de quatre normes différentes fondues en une seule — un repère inutilisable pour choisir un chiot.
Le travail : l'ours et le sanglier, pas le raton laveur

C'est ici que se joue la différence principale entre le Plott et les autres coonhounds, et elle explique presque tout de son entretien. Le coonhound classique se spécialise sur le raton laveur : trouver la piste, rattraper, acculer dans un arbre, signaler de la voix et attendre. Le Plott s'est formé autrement. L'UKC l'écrit noir sur blanc : il n'y avait pas de sangliers sauvages dans l'Amérique de l'époque, alors Plott a lancé ses chiens à sanglier sur l'ours. Le préambule de la loi de l'État décrit une race de chasse légendaire, réputée comme le plus courageux des combattants et un pisteur qui ne lâche rien.
L'AKC formule la mission de la race ainsi : amener le grand gibier au ferme ou le faire grimper à un arbre ; et il énumère parmi ses marques l'endurance, la résistance, l'agilité, la détermination et la combativité au travail. L'UKC ajoute deux traits que les propriétaires sous-estiment souvent : un fort instinct à faire grimper le gibier et une propension naturelle à l'eau. Le Plott entrera dans l'eau de lui-même, sans invitation.
La différence entre le travail « au raton » et le travail « à l'ours » est une différence de distance, de durée et de risque. La chasse à l'ours dure plus longtemps, se déroule sur un relief plus difficile et se termine par un contact direct avec un animal capable de riposter. D'où le type physique : corps profilé, angulations marquées, cuisse longue et musclée, et des membres qui convergent en une seule ligne à la vitesse — tout cela est décrit dans les standards comme des exigences de mouvement. D'où aussi cette obstination au travail que les chasseurs apprécient et dont les propriétaires citadins se plaignent : on a sélectionné pendant des siècles des chiens capables de ne pas abandonner.
Une intransigeance comparable existe chez des races de tout autre gabarit. Le petit mais courageux Patterdale Terrier travaille lui aussi « au contact », sous terre. Pour le propriétaire, cela signifie la même chose dans les deux cas : une attention accrue à la sécurité de l'animal, car un chien qui ne sait pas reculer ne se ménagera pas tout seul.
La culture de travail de la race se lit aussi dans ses épreuves. L'UKC organise pour les coonhounds non seulement des rings de conformation, mais aussi des chasses de nuit (nite hunts), des courses en eau et des field trials — et les chiens stérilisés sont admis à toutes les épreuves licenciées. Le format de travail reste donc ouvert aux propriétaires qui ne font pas d'élevage.
Ce que cela implique pour un chien qui ne chasse pas
Le Plott n'est pas adopté que par des chasseurs — et c'est là que naissent la plupart des problèmes. La race ne dépérit pas sans chasse, mais elle ne tourne pas au ralenti : l'endurance, le nez et l'ardeur ne disparaissent pas, et faute d'emploi, ils s'en trouvent un tout seuls.
- Un exercice quotidien et long. Un tour de pâté de maisons n'est tout simplement pas un exercice pour un chien conçu pour des heures de quête en forêt de montagne. Il faut de longs parcours au relief varié, de la course à côté du vélo, de la natation.
- Le nez avant la balle. Le moyen le plus sûr de fatiguer un Plott est de le faire travailler du nez. Jeux de recherche, mantrailing, pistage et nose work l'épuisent plus vite et plus profondément qu'une simple course.
- Clôture et laisse ne sont pas des formalités. Un chien qui a pris une piste fraîche cesse d'entendre. Une clôture solide, et la laisse partout où l'espace n'est pas sûr, sont des conditions de base.
- Un jardin ne remplace pas une occupation. Un grand terrain est un lieu, pas une activité. Laissé seul dehors, le Plott se met généralement à commenter de la voix tout ce qu'il voit et entend — et c'est ainsi que commencent les conflits de voisinage.
En bref : c'est un chien de travail, et il lui faut une charge de travail. La réponse honnête à « le Plott est-il fait pour moi ? » commence par l'emploi du temps du propriétaire, pas par une photo de robe bringée.
Faits intéressants sur la race
- Chien officiel de l'État — et un article pénal dans la même loi. Le Plott Hound a été officiellement adopté comme chien de l'État de Caroline du Nord le 12 août 1989 (Session Laws, 1989, c. 773, Senate Bill 832). Le plus curieux est l'intitulé complet du texte : il ne se contentait pas de désigner le chien de l'État, il faisait aussi du vol de chien un crime de classe J et de l'appropriation temporaire d'un chien un délit. L'honneur rendu à la race est donc arrivé dans le même paquet qu'un durcissement des peines pour le vol de chiens en général.
- La seule race née en Caroline du Nord. C'est la formulation de NCpedia ; le préambule de la loi de 1989 affirme lui aussi qu'il s'agit de la seule race connue comme originaire de cet État, et la range parmi les quatre races d'origine américaine — telles que les concevait le législateur de l'époque.
- Sans ancêtre britannique — mais pas tout seul. L'affirmation courante « le seul coonhound sans Foxhound anglais dans ses ancêtres » n'est exacte que dans le périmètre de l'AKC, qui compte six races de coonhounds. L'UKC en compte sept, et il y en a alors deux : le Plott Hound et l'American Leopard Hound.
- La marque sur la croupe. Le standard AKC ne commence pas par la description du chien, mais par une autorisation : la marque d'identification de chasse portée sur la croupe ne doit pas être pénalisée en exposition.
- La famille sur la carte. Plott Valley, le mont Plott Balsam et le Plott Creek, en Caroline du Nord, portent le nom de cette même famille.
- Un standard encore vivant. La version UKC en vigueur depuis le 1er janvier 2020 a supprimé la disqualification pour robe unie : un Plott de couleur unie n'est plus hors jeu.
- Une contribution à la médecine. Le modèle de mucopolysaccharidose de type I sur lequel ont été testées des approches thérapeutiques de la maladie humaine remonte à trois chiots Plott Hound d'une même portée, décrits en 1983.