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Plott Hound — Histoire et standard

Un pisteur de montagne musclé à la robe bringée : courageux, endurant, dévoué et infatigable à la poursuite. Le plott hound est le seul coonhound d’origine allemande, élevé dans les montagnes de Caroline du Nord pour chasser l’ours et le sanglier ; doux à la maison, il est intrépide et passionné sur le terrain.
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Plott Hound
Sommaire
1Histoire : une piste allemande dans les montagnes de Caroline du Nord 2Apparence : ce qu'en disent réellement les standards 3Deux standards, une race : là où l'UKC et l'AKC divergent 4La voix : trois mots du standard à connaître avant d'acheter

Histoire : une piste allemande dans les montagnes de Caroline du Nord

Le compte à rebours commence en 1750, avec l'arrivée en Amérique de l'émigrant allemand Johannes Plott. Des chiens l'accompagnaient — et c'est précisément ici que les sources commencent à diverger. Mieux vaut les poser côte à côte que les fondre en une légende trop lisse.

L'American Kennel Club (AKC) l'écrit sans détour dans sa notice historique : Plott était accompagné de cinq « chiens de Hanovre » (Hanover hounds), et c'est cette circonstance qui rend le Plott unique parmi les six races de coonhounds de l'AKC — toutes les autres descendent des Foxhounds anglais. NCpedia, l'encyclopédie tenue par la Bibliothèque d'État de Caroline du Nord, ajoute un détail familial : ces cinq chiens étaient un cadeau du père, Elias Plott, garde-chasse des environs de Heidelberg, qui élevait des chiens de travail polyvalents, aptes au grand gibier comme à la ferme. NCpedia est toutefois plus prudente que l'AKC : Elias « a probablement commencé avec le chien de rouge de Hanovre ».

Le United Kennel Club (UKC) raconte le même épisode de façon encore plus sobre : l'émigrant (Jonathon Plott dans leur texte) a amené « quelques chiens de chasse au sanglier » — sans nom de race ni chiffre. Autrement dit, « cinq chiens de Hanovre » est la version de l'AKC et de NCpedia, non une position commune des registres. Le chien de rouge de Hanovre (Hannoverscher Schweisshund) comme ancêtre du Plott reste la reconstitution la plus répandue et la plus plausible, mais les sources la donnent avec des degrés de certitude différents ; il est plus honnête de la présenter comme une reconstitution.

La suite du parcours s'appuie sur les actes des comtés. Johannes a anglicisé son nom en George Plott ; après le registre de son navire, il ne réapparaît dans les archives publiques qu'en 1759, lorsqu'il achète des terres dans le comté de Bute (aujourd'hui Warren). La famille s'installe ensuite dans le comté de Cabarrus, puis en 1784 dans celui de Lincoln. Vers 1800, le fils, Henry Plott, s'établit à Buncombe (aujourd'hui Haywood) — et la géographie y a gardé le nom de la famille pour toujours : Plott Valley, le mont Plott Balsam, le cours d'eau Plott Creek. Des descendants des Plott vivent encore dans cette région.

Au XIXe siècle, la réputation des chiens dépasse largement la vallée : on venait chercher des chiots dans le comté de Haywood depuis la Géorgie, avec des sacs attachés aux mules pour les ramener. Montraville Plott (né en 1850) poursuit le travail sur le caractère et les qualités de travail, et ce sont ses fils — John A. Plott et Henry Vaughn « Von » Plott — qui, avec quelques autres chasseurs, portent la race à l'attention nationale dans les années 1930–1940. Le registre officialise ensuite : le premier enregistrement au UKC date de 1946.

Cette origine sépare nettement le Plott des autres coonhounds. Le Coonhound Noir et Feu, par exemple, s'est construit sur des Bloodhounds et des Foxhounds — une base britannique avec laquelle le Plott ne partage pas de tronc commun.

Apparence : ce qu'en disent réellement les standards

Plott Hound debout

Le Plott est un athlète, pas un poids lourd. L'AKC le décrit comme un chien courant puissant et bien musclé, mais profilé, chez qui la force va de pair avec l'aptitude athlétique ; le standard compte parmi les défauts le fait d'être « surfait » — trop de poids ou trop d'os pour exprimer la vitesse et l'agilité. L'UKC dit la même chose autrement : proportions carrées ou légèrement plus longues que hautes, la longueur de patte du coude au sol représentant environ la moitié de la hauteur au garrot.

Robe et couleur. La signature de la race est la robe bringée (brindle). L'AKC énumère les « facteurs bringés », c'est-à-dire les fonds sur lesquels se posent les rayures sombres : jaune, buckskin, fauve, brun, chocolat, foie, orange, rouge, gris clair ou foncé, bleu (maltais), noir dilué et noir. Outre le bringé, le standard admet le noir uni, le bringé à selle noire et le noir à garniture bringée. Il décrit à part un buckskin rare, entièrement dépourvu de bringeures, allant du fauve rouge et du roux sableux au crème clair, à l'ocre jaune, au fauve foncé et au doré. Un peu de blanc au poitrail et aux pieds est toléré, de même que le grisonnement autour des mâchoires et du museau. Le poil est court, fin et brillant, mais assez fourni pour protéger du vent et de l'eau ; l'AKC signale que de rares sujets ont un double poil — un sous-poil court, doux et dense caché sous un poil de couverture plus long et plus rude.

Tête et oreilles. Crâne modérément plat, arrondi au sommet ; museau de longueur moyenne, les babines lui donnant un profil un peu carré. Yeux bruns ou noisette, plutôt saillants que enfoncés ; parmi les défauts, l'AKC cite les paupières tombantes et la « haw » rouge, c'est-à-dire une troisième paupière trop visible. Pigmentation des paupières, des lèvres et de la truffe : noire. La peau de la tête est modérément tendue, et les plis comme le fanon sont des défauts : ce n'est pas un Bloodhound.

Le plus inattendu concerne les oreilles : l'AKC en normalise l'écartement, c'est-à-dire la distance entre les pointes des oreilles déployées — 18 à 20 pouces (46–51 cm) chez les mâles, 17 à 19 pouces (43–48 cm) chez les femelles. Un tel paramètre est rare dans les standards. La longueur, elle, est strictement bornée : une oreille qui dépasse la pointe du nez ou qui pend « à la manière du Bloodhound », en longs pavillons lourds, est un motif de disqualification.

Deux standards, une race : là où l'UKC et l'AKC divergent

Lire les deux standards côte à côte n'a rien d'académique : les divergences montrent quels traits de la race font encore débat.

  • Les oreilles : mobiles ou non. L'UKC exige des oreilles « sans aucun pouvoir érectile ». L'AKC décrit l'inverse : certains Plott, attentifs ou intrigués, relèvent à demi les oreilles au point qu'un pli net apparaît à hauteur du sommet du crâne — et c'est présenté comme normal, non comme un défaut. Mêmes oreilles, exigences opposées.
  • Le gabarit. La limite haute de l'UKC pour un mâle est de 27 pouces, celle de l'AKC de 25. Un chien parfaitement typique en ring UKC peut se révéler trop grand selon l'AKC.
  • Les disqualifications. L'AKC n'en compte que deux, toutes deux « mécaniques » : oreille trop longue ou à la manière du Bloodhound, et pied écrasé. La liste de l'UKC est plus large : albinisme, surdité, cécité, cryptorchidie uni- ou bilatérale, prognathisme inférieur ou supérieur, agressivité ou timidité extrême, ainsi que toute couleur non décrite. C'est donc l'UKC qui disqualifie sur le caractère.
  • Le pied. L'UKC veut un pied rond, « de chat », aux coussinets épais ; l'AKC décrit un pied ferme et serré et disqualifie le pied écrasé.
  • Les ergots. L'UKC exige explicitement leur absence aux postérieurs ; l'AKC n'aborde pas le sujet.

La toute première phrase du standard AKC mérite une mention à part — elle précède même la description générale : le Plott peut porter sur la croupe une marque d'identification servant à le reconnaître à la chasse, et cette marque ne doit pas être pénalisée en exposition. Rare cas où un document de conformation cède le pas à la pratique de terrain : c'est la preuve la plus courte que la race se pense encore comme une race de travail.

Autre évolution récente : la version UKC de 2020 ne disqualifie plus le Plott de couleur unie — auparavant, une robe sans bringeures fermait le ring.

La voix : trois mots du standard à connaître avant d'acheter

L'UKC décrit la voix du Plott avec trois termes du vocabulaire de vénerie : open trailing, bawl et chop. Ce ne sont pas des images poétiques, mais une classification de travail.

  • Open trailing — le chien donne de la voix pendant la quête, au lieu de rester muet jusqu'au bout. Le chasseur sait à l'oreille que la piste est prise.
  • Bawl — un appel long et traînant, qui porte loin en forêt.
  • Chop — un aboiement bref et haché, par lequel le chien signale que le gibier est arrêté ou acculé dans un arbre.

L'UKC précise que la voix des Plott actuels est claire et porte bien. Le législateur de Caroline du Nord s'était montré plus imagé encore : le préambule de la loi sur le chien de l'État décrit un cri qui donne des frissons, comparable à une sonnerie de cor.

La conclusion pratique est plus prosaïque : tout cela a été conçu pour qu'on entende le chien à des kilomètres dans une forêt de montagne. En appartement ou en habitat dense, cette mécanique joue contre le propriétaire, et aucune éducation ne transforme un chien courant en race silencieuse. Ce n'est pas une raison de renoncer au Plott, mais une raison d'évaluer honnêtement où l'on vit.

Fiche complète de la race → Plott Hound: santé et risques, alimentation, photos
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