Caractère : un veilleur qui ne donne pas de la voix à tout propos

Le standard FCI décrit le tempérament par quatre traits : gai et sûr de lui, extrêmement intelligent, réservé avec les étrangers ; attentif, dévoué, mais indépendant. Ce dernier mot est la clé, et il explique la majeure partie des difficultés dont témoignent les propriétaires.
L’épagneul tibétain s’attache fortement à son humain sans se dissoudre en lui. Il respecte l’espace personnel et exige le même égard pour le sien. Sa position favorite est le point le plus haut de la pièce, d’où l’on voit la porte et la fenêtre : c’est ce qui lui vaut sa réputation de chien « félin ». Avec les inconnus, il est distant et sur ses gardes, sans agressivité gratuite ; sa réaction typique consiste à prévenir de la voix, puis à s’écarter.
L’instinct de garde est réel sans être envahissant : le tibbie signale plutôt qu’il n’aboie en continu, ce qui le distingue des petites races portées à l’aboiement sans destinataire. À la différence du chien chinois à crête, variété houppette, très dépendant du contact tactile, il supporte tout à fait la distance — et c’est pour cela qu’il peut sembler plus réservé que ne l’attend une personne partie chercher un chien « d’agrément ».
Intelligence, éducation et besoin réel d’exercice

L’intelligence de la race est élevée, mais la motivation lui appartient en propre. Le tibbie comprend vite ce qu’on attend de lui, puis décide à part si cela vaut la peine d’être fait maintenant. Le club américain le formule ainsi : ces chiens sont intelligents et coopératifs, capables de bien figurer en agility, en pistage, en rallye et en obéissance, mais leur esprit très indépendant leur fait choisir eux-mêmes quand et quoi exécuter — d’où la nécessité d’une éducation précoce et agréable.
Ce qu’il faut en tirer : aucune contrainte, aucune punition physique. La race retient très bien l’injustice et y répond par le repli sur soi, pas par la soumission. Ce qui fonctionne, c’est le renforcement positif, la séance courte et l’arrêt sur une réussite. La socialisation précoce est obligatoire, justement à cause de la réserve envers les étrangers : un chien qui, tout jeune, a vu peu de gens et peu de situations ne devient pas méchant à l’âge adulte, il devient excessivement prudent.
Le besoin d’exercice reste modéré. Le Kennel Club l’évalue à jusqu’à une heure par jour et considère la race comme adaptée à l’appartement. Le club américain ajoute un détail à retenir : le chien accompagne sans peine son humain sur une longue promenade ou lors d’un footing, et un espace clos pour la course libre est indispensable, car l’autonomie du tibbie s’étend à la décision de partir vaquer à ses propres affaires.


