Caractère : un calme qui n'est pas de l'intrépidité

Le standard décrit le tempérament comme l'alliance de la grandeur et du courage : chien calme, attaché à ses maîtres, apte à la garde, le plus souvent indifférent aux inconnus. Cette indifférence est plus juste que le « méfiant » d'usage — devant un visiteur, la réaction typique n'est pas la tension mais le désintérêt.
Au quotidien, c'est un chien peu actif dans la maison, très attaché aux personnes, qui supporte mal la solitude et suit son humain de pièce en pièce. On le compare souvent à des races tranquilles comme le Sussex Spaniel, et pour le rythme la comparaison tient : il lui faut des promenades quotidiennes, mais lentes, et non des efforts.
Sa garde repose sur la masse et la présence plus que sur les dents : il se place entre l'inconnu et son maître, puis attend. Chien intelligent et sensible au ton, il réagit mal aux cris et à la dureté, bien à la constance.
Dressage et socialisation

Un Mastiff apprend autrement que les races d'utilité. Il n'aime pas les répétitions et ne travaille pas par zèle : il retient vite un signal et l'exécutera quand il en comprendra le sens. De courtes séances de quelques minutes marchent donc mieux que de longues, et la dureté pas du tout — sous la pression, cette race se ferme au lieu de faire un effort.
La socialisation est décisive pour une raison arithmétique : adulte, le chien pèsera autant qu'une personne, ou davantage. Ce qu'un chiot n'apprend pas avant sa première année devra être réappris chez un animal qu'on ne peut plus retenir physiquement. Les premiers mois demandent donc des rencontres calmes et dosées — personnes, sols, bruits, transports, chiens variés — sans « endurcir » un chiot effrayé.
Le programme minimal à acquérir avant que le chien atteigne son poids : marcher près de l'humain en laisse détendue, rendre calmement un objet, se laisser examiner la gueule, les oreilles et les pattes, rester immobile pour l'examen par un inconnu, rejoindre sa place au signal. Ce dernier point n'est pas un ornement : un invité se sent en sécurité dans une maison avec Mastiff dans la mesure exacte où le chien sait se coucher et rester couché.
À qui convient le Mastiff, et à qui non

Le Mastiff convient à qui veut un géant tranquille à la maison, accepte des promenades quotidiennes et sans hâte, et n'attend du chien ni sport ni travail actif. Il se sent bien là où quelqu'un est presque toujours présent et où sa présence dans la pièce passe pour normale.
Il ne convient pas dans trois cas. D'abord, si le chien doit rester longtemps seul : cette race est très tournée vers l'humain, et même des races relativement autonomes comme le Chien d'eau portugais ont besoin de compagnie — pour le Mastiff, elle est indispensable. Ensuite, s'il n'y a dans le logement aucune place où un géant puisse se coucher sans gêner, ni moyen d'assurer de la fraîcheur en été. Enfin, et surtout, si l'on n'est pas prêt à ce que le temps partagé soit court et que la vieillesse du chien commence tôt.
Avec les enfants, le Mastiff est en règle générale patient, mais ce n'est pas le caractère qui joue, c'est la physique : un chien du poids d'un adulte peut renverser un enfant simplement en se retournant. On aménage donc l'espace commun pour qu'un petit enfant et un Mastiff adulte ne restent pas sans surveillance et que le chien ait sa place à lui, où les enfants n'entrent pas.



